MACHINE : s.f.
- Machine à batte. Batteuse.
- Machine à fu ; jusqu'en 1936, on battait encore avec la locomobile, qui
actionnait la batteuse.
- Machine à betteraves : houe à main ou à cheval, servant à biner les
betteraves.
MACHINER : v.a.
Biner des betteraves : - J'vos machiner mes bett'raves.
MADELEINE : s.f.
Sainte Marie-Madeleine est le 22 juillet.
- Quand i pleut al' Mad'leine, i pleut pendant six s'maines, ce qui veut dire :
braire comm' énn'Mad'leine.
MADJETTE : s.f.
Chèvre : - No madjett' a d'mandé les boucs. Notre chèvre est en rut.
MAHONS : s.f.
Coquelicot ou pavot des champs, leur couleur rouge donne dans la récolte, une
sorte de capite renfermant la graine.
MAIGRE : s.m.
Partie maigre d'un morceau de viande.
- Un bieu morcieu d'maigre, qu'o vient d'ertirer de s'saloèr.
Morceau de viande maigre ( sans gras ou lard ) qu'on retire du saloir.
MAILLARD : adj.
Canard dont les plumes de la tête et du bout des ailes est de couleur bleue.
MAILLE : s.f.
Crochet permettant d'attacher la volée à l'avant-train de la charrue.
- Feusse-maille : maille double servant à relier deux bouts de chaîne en une.
MAILLET : s.m.
Masse de bois pour enfoncer les tiges de fer, fixant les claies du parc à
moutons, ou à enfoncer les piquets servant à tenir la chaîne des vaches à l'étau.
- I ni y o rien d'tel equ' du peumier pour foaire un maillet.
Il n'y a rien de mieux que le bois du pommier pour faire un maillet.
V. Frette, masse, merlin.
MAILLOCHE : s.f.
Petit maillet dont se servait les maréchaux de forme spécifique, pour
implanter les clous à ferrer. V. Brochoir.
MAIN : s.f. adj.
A ma main. - Am'main, être droitier ou gaucher.
Bottes liées à la main, par opposition aux bottes liées par la moissonneuse.
- Bidet à l'main. Cheval qui a le cordeau et qui se trouve à côté du
conducteur. V. Ed' cordieu.
MAIS : s.m.
Blé de Turquie : culture en plein développement, utilisé pour l'ensilage.
Nourriture des bêtes ainsi que la récolte du grain.
MALART : s.m.
Mâle de cane sauvage. V. Huttier.
MALBATI : adj .
Possédant une infirmité. Epithète. - Avanch' grand malbati.
MALLIER : s.m.
Cheval sur lequel on charge la malle.
- Cheval de brancard, de poste. V. Limonier.
MALOT : s.m.
Bourdon : - Apis agrorum. - I brouit comm'un malot. Faire du bruit, du potin, n'arrêter de parler.
MAQUE A FOUR : s.m.
Porte en métal, demi cylindrique qui ferme l'entrée du four.
V. Bouchoèr.
MANCH ' RON : s.m.
Mancheron de la charrue : pièce de bois ou de fer, placée à l'arrière de celle-ci, et servant à la diriger.
MANDE : s.f.
Manne : récipient fait avec de la paille de seigle, ou de fibre de bois d'osier, dans laquelle on mettait de l'avoine ou de la pamelle, lorsque
c'était pour conserver au grenier, des betteraves et des pommes de terre pour les seconds pour le transport de ces marchandises : cette dernière
catégorie est maintenant en fil de fer.
MAND'LETTE : s.f.
Petite manne : dans laquelle on mettait les légumes avant de les éplucher. - Enn'mand'lette ed'poès. Contenu de la manne. V. Picotin.
MAMMITE : s.f.
Inflammation de la mamelle : peut arriver après un vêlage de la vache.
MANÉE : s.f.
Mannée : quantité de blé, qu'on remettait en une seule fois au "cache manée" (meunier) pour être transportée au moulin et convertie en farine,
son ou reflets.
- Chés derniers caches manée furent, chés magniers du "MERMONT moulin situé entre Métigny et Airaines, du nom Bailleur. C'était
une des filles qui jusqu'en 1921 ramassa le grain, à cette époque une sécheresse sévit,
et les moulins ne furent plus alimentés en eau, c'est à ce moment que la Maison Lévis, se créa en coopérative et vendit même du pain, en rachetant
toutes les petites boulangeries des environs.
MANÈGE : s.m.
Atteint de manies, pouvant devenir dangereux.
- T'éros soin, i l'est souvint maniaque, d'énn'point r'shuvoèr un queup d'pied, en parlant du cheval. I yo qu'li qui foait tout'bien, ch'est un
vrai maniaque.
MANNOÉYELLE : s.f.
Manivelle : - Serr'el' mannoéyelle. Serre le frein.
- Serr' ech'combe. Tourner le moulinet.
- L'mannoéyelle d'ech'pur. J'ai r'cheut un queup d'mannoéyell' ed'pur in tirant un sieu d'ieu. V. Meulinet, mécanique.
MAR : s.m.
Ancien poids de huit onces : ancienne monnaie d'or ou d'argent.
Au mar le franc : se dit d'un partage fait entre des intéressés au prorata de leurs créances ou de leurs intérêts dans une affaire.
- Marc ed'cid'. Eau-de-cie. V. Goutte.
MARCANDER : v.a.
Marchander
acheter et obtenir à bon marché.
MARCANDEUX : adj.
Qui aime marchander, les marchands de vaches, porcs ou autres aiment marchander, de mêmes les cultivateurs. V. Bradeux.
MARDJULLIER : s.m.
Marguillier : celui qui a le soin de tout ce que regarde la fabrique (commune, église) les cultivateurs étaient en grande partie des
marguilliers et quettaient bien souvent les redevances à l'église.
V. Notables.
MARICHAUX : s.m.
Maréchal-ferrant ou forgeron.
- Quant o tchitt' sin marichau o poaie ses viux fers.
Lorsqu'on quitte son maréchal, on s'en repend très souvent. Autrefois les maréchaux étaient renommés pour leur secret de guérisseur, on
demandait leurs offices pour faire vêler les vaches ou pouliner les juments, c'étaient de joyeux lurons.
MARNAGE : sm
Action de marner la terre, celui-ci a lieu après les semailles d'automne.
MARNE : s.f.
Craie phosphatée, extraire de la terre par un puit, creusé dans un champ pour l'amendement. - Chés carrières
ed phosphates à Hallencourt extraction industrielle de la craie phosphatée, a cessé toute activité en 1986.
MARS : s.m.
Troisième mois de l'année.
Labours de mars, terre à l'avoine. Brouillard en mars, gelée en mai.
Semailles de printemps. V. R'marsier.
MARTIEU : s.f.
Marteau : - Martieu à d'vant.
Petit merlin qui servait à couper le fer rouge à l'aide d'une grosse masse, ce qui faisait. - Taper à d'vant. V. Tranche.
MARTCHÉ : s.m.
Marché : lieu de vente où les cultivateurs menaient leur beurre et leurs oeufs, ainsi que les volailles ou tout autre produit de la ferme. Celui-ci s'exerçait sous les halles d'Airaines par exemple.
Celles-ci furent détruites lors de la guerre 39/45 et non reconstruites, également à
Hallencourt, où le marché et le franc-marché disparurent en 1910, les halles existèrent jusqu'en 1946, elles furent vendus et remontées à l'emplacement dit "La Haie des Charts", établissement d'extraction de craie phosphatée à Sorel-en-Vimeu.
Ces halles servaient également de transactions agricoles qui continuent encore lors des foires : la Ste Theudosie et les Engelés pour Oisemont,
la première, le premier dimanche d'octobre, la seconde, le deuxième mardi de décembre ; et pour Airaines, la foire de la St Clément qui a lieu
le vingt trois novembre. Les marchés ont encore lieu à Oisemont sous les halles tous les samedis, alors qu'à Airaines, celui-ci se tient sur
la Place du Commandant Seymour, où existe chaque vendredi, un déballage de tissus, fleurs, graines et objet de quincaillerie, exercés par des
marchands ambulants.
MASSE : s.f.
Marteau
massé à fendre le bois. V. Maillet, merlin.
MARTINGALE : s.f.
Courroie qui empêche le cheval de donner de la tête.
MATCHIGNON : s.m.
Maquignon : marchand de chevaux, transaction en voie de disparition.
MATCHILLONNER : v.a.
User d'artifice pour cacher les défauts d'un cheval, par des moyens plus ou moins délicats.
Manger sans appétit avec dégoût.
- Mes vaques i n'ont point l'air d'avoèr faim, i sont lo qui matchillonn'tnt.
MATINEU : adj.
Se lever de bon matin.
- Et'matineu comm'énn aloette. S'sole l'est trop matineux, i n'y o rien d'étonnant qui pluv'ro.
Le soleil est trop beau le matin.
MATIGNON : s.m.
Cruchon : petit récipient. - Un matignon de cidre. V. Crapeud.
MATONNE : adj.
Couvert : - Ech'temps s'matonn'. Le temps se couvre.
- I l'est temps qu'ej'rint'min blé. V. Plumm's ed'djeais.
MATRICE : s.f.
Matrice cadastrale : document où se trouve groupé le revenu de chaque propriétaire, foncier ainsi que leur situation agronomique, celle d'Allery fût révisée en 1958, elle datait de 1835.
MASTICADEUR : s.m.
Sorte d'embouchure ou de mors que l'on place dans la bouche des chevaux, à l'effet d'exciter la mastication et les faire écumer.
MÉCANIQUE : s.m.
Frein de la voiture ou du chariot.
- Serr'l'. Mécanique. V. Areyoèr, meulinet.
MEILLER : s.m.
Néflier ; arbre portant des "meilles" nèfles.
MEILLES : s.m.
Nèfle : fruit du néflier, que l'on ne mange qu'après une petite gelée.
MÉLAMPYRE : s.f.
Plante herbacée, mauvaise herbe qui croit dans les champs, et souvent parasite des céréales.
MÉLILOT : S.f.
Genre de légumineuse papillonnacée, comprenant des herbes fourragères et officinales.
MÉNAGER : s.m.
Petit cultivateur qui ne possédant de cheval doit faire labourer ses terres, et charrier ses récoltes par un cultivateur,
leur superficie variait de trois à dix hectares. En 1922, ceux-ci étaient au nombre
de douze et après la guerre 39/45, où on vit l'apparition de boeufs à la place de chevaux, le nombre de ménagers n'étaient plus que de deux,
et disparus totalement depuis 1953 le dernier exploitant étant Boutillier Raoul.
La révision du cadastre, engendra le remembrement et la constitution d'Association Foncière, créant ainsi la disparition, cette fois non plus
de ménagers, mais des petits cultivateurs, qui aidés par l'I.V.D. (indemnité vieillesse de départ) louèrent leur terre à de plus grandes
exploitations, celles-ci s'élevèrent entre 40 et 100 hectares, en attendant la création de
G.A.E.C. vers l'industrialisation de la culture.
MÉNARCHURE : s.f.
Entorse que se donne un cheval en faisant un faux pas.
MÉNÉE : s.f.
Contenue que l'on porte à l'aide des deux bras.
- Enn'menée d'tréfe, énn'menée d'fagot. V. Brachie ou brachée.
MERLIN : s.f.
Hache à tranchant d'un côté et de l'autre d'une frappe pour enfoncer les coins. Maillet, masse.
MERLON : s.f.
Craie ; terre à mer Ion : terre médiocre ; querrier du merlon, pour remblayer, une cour, un chemin ou encore pour chauler les terres fortes.
MERQUE : s.f.
Marque, initial en fer que l'on trempe dans du brai, pour marquer le dos des moutons après la tonte, pour désigner le propriétaire.
MESSAGER : s.m.
Transporteur public : qui assurait les marchandises de la S.N.C.F. ou des Postes, avec un cheval et une voiture couverte.
MESSIER : s.m.
Autrefois personne proposé à la garde des fruits de la terre, à l'époque de leur maturité.
Adj.
Garde-messier.
M'SURE : s.f.
Boisseau :
- Enn'm'sure valait 10 l. Deux m'sures 20 1 ou double boisseau.
- Une demi-mesure 5 1 et on prenait une mesure spéciale pour payer les bergers, cette mesure était le "litron" qui contenait que la seizième
partie du boisseau on l'appelait ainsi : Ch'bouèssieu d'seize.
MÉTAIRIE s.m.
Domaine rural exploité d'après le système de métayage. V. Bail.
MÉTAYER : s.m.
Celui qui fait valoir une métaierie qui n'est pas à lui.
MÉTCHIGNETTE : s.f.
Vamet : ustensile de cuisine, en forme d'étrier, qu'on suspend à la crémaillère, et qui porte la marmite ou le chaudron ; semblerait
réapparaître dans les constructions de cheminée anciennes ou antique.
MEUDE : v.a.
Moudre : - Meud'du grain pour foaire de l'meuture.
MEULES : s.f.
Meules : en grès pour aiguiser.
- Viens torner 1'meule. Viens tourner la meule pour aiguiser la scie à faucheuse.
MEULIN OU MOLIN : s .m.
Moulin à vent, existe encore à Citernes et à Saint-Maxent, mais ne travaille plus.
A aubes,Airaines (Boitel et Debrie) jusqu'en 1948, ces personnes ont droit à la reconnaissance de la population. Pendant la guerre et sous l'occupation Allemande de 1940 à 1945 rationné au
moyen de tickets de ravitaillement : on portait le peu de blé que l'on achetait en fraude, afin que ceux-ci le transforme en
farine brute, que l'on passait dans un tamis.
- Meulin à meuture : moulin actionné par un moteur et qui servait à broyer le grain pour les bêtes.
Il existait auparavant deux moulins de renommée locale.
- Ch'meulin Cacale, utilisé par la veuve de Louis Dumeige, jusqu'en 1923 et "Ch'meulin Jacqu'Allot, dont une des meules servit de passerelle sur la rivière, en vue d'accéder à la ferme
Prarond (aujourd'hui Goémaère Richard).
Le moulin Cacale était à aubes. Au lieu-dit " Le moulin d'éch'Botchet (Bosquet) " existait un moulin à vent
seigneurial, détruit vers 1790 ainsi qu'un pigeonnier qui était situé au lieu-dit " Le Hamel " et dont les paysans excédés par les
dégâts causés à leurs récoltes par les pigeons, rasèrent ceux-ci ainsi que le château.
D'autres moulins à vent existaient dans le pay;s, et les -lieux-dits le prouvent " Ach'viu meulin " et " Ach'meulin
brûlé ".
MEUR : adj.
Mur : se dit des fruits de la terre en état d'être récoltés.
- Chés blés sont meurs. Les blés sont murs.
- Terres meures. Terres mûries par le gel.
MEURIR : v.n.
Mûrir : - Chés blés c'minch'nt à meurir.
Les blés commencent à mûrir et seront bientôt bons à faucher. V. Jaunir.
MEUTURE : s.f.
Mouture mélange de blé ou de seigle, d'avoine et d'orge, qu'on moud dans un concasseur, pour servir de nourriture aux porcs.
MIE : s.f.
Mie de pain : partie intérieure du pain que effroue pour mélanger à des oeufs et des orties donnant une pâtée excitante pour faire pousser le
rouge des dindonneaux. V. Miettes, frouettes.
MIETTES : s.f.
Ensemble de mie de pain auparavant lorsqu'on coupait le pain, celui-ci s'émiettait.
- Que sal'pain dur à coper, in'n'foait qu'des miettes. V. Frouettes.
MINABE : adj.
Malheureux : - Ett' minabe. En piteux état.
- Enn'grange minabe. Prête à tomber. V. Débistraque.
MINETTE s.f.
Médicago lupilina.
Fourrage que l'on faisait parquer par les moutons.
- Coper ses minettes pour avoèr des cots (cahots).
Couper son foin pour mettre en "demoiselles", 1ère récolte de l'année.
MINIST' : adj .
Nom burlesque de l'âne. V. Beudet.
MINON : s.m.
Duvet produit par le chardon et le pissenlit après une journée de battage, les toits en étaient remplis ainsi que le sol et les façades.
MIONNER : v.a.
Miauler : - T'intinds point ch'cot qui mionn'.
Le chat miaule et demande à rentrer.
MIONNEUX : : adj .
Personne qui aime à se plaindre.
- Ch'est un vrai mionneux in'sait qu'es'plainde.
MI-PLEIN (IN) : adj.
En déroute : laisser un travail " in mi-plein ".
Laisser un travail en plan. Ne pas terminer celui-ci.
Laicher l'pell' dins ch'mortier.
MITAINES : s.f.
Gants de laine sans doigtiers, excepté le pouce.
- Mes mitaines sont matchés à vers.
Ce qui donnait l'impression de ce fait qu'on avait coupé les doigts.
MITAN : adj.
Moitié : - In mitan dél'pièche.
Etre à moitié du champ lors d'un labour.
MITIGÉ : adj.
Le mulet est un mitigé ( croisement ) de l'âne et de la jument, comme le " bise " de plusieurs pigeons. V. Bitaclé.
MITONNER : v.a.
Faire cuire à feu doux une soupe ou un ragoût, faire une panade avec du pain et du cidre. - Mitonner un queudé.
MITOYENN'TÉ : s.f.
Séparation entre deux propriétés, pour les bâtiments, la mitoyenneté existe lorsque le mur est recouvert d'un chaperon
triangulaire ou que la toiture des deux immeubles repose sur le même faitage. Pour les herbages, celle-ci existe rarement les propriétaires
reculaient de 25 cm intérieurement de la borne.
Lorsqu'il existe un talus, c'est le système de la " jambe pendante " lorsqu'on est assis en haut de celui-ci, qui détermine la
mitoyenneté .
MILLE FLEURS : Eau de mille fleurs distillée.subtance composée d'un grand nombre de fleurs
MILLE-TREUS s .m.
Millepertuis. Plante vulnéraire des pays tempérés, croissant sur les talus et dont les fleurs et les tiges, servaient de décongétionnant dans les foulures. Remède du maréchal.
MISÉRÉRÉ : loc.
Sorte de colique très dangereuse, du cheval.
- Min g'vo s'plaint d'miserere ( coliques rouge ).
MISSION : s.
Croix de mission ; lieu-dit.
Toutes les croix de mission ont été implantées suite à l'instauration de l'école laïque en 1880, ou des missionnaires ou prédicateurs prêchaient la religion dans les églises ou après celle-ci on implantait
une croix de mission, toutes portent la date de 1882.
MOA : s.f.
Meule de blé ou d'avoine ; gerbes que l'on mettait en meules carrées ou cylindriques et que l'on recouvrait de pailles de seigle.
- Et'moa el'bale d'ech'côté qu'al veut tchère.
Ta meule penche et est près de tomber. V. Mofe, moyette.
MOÈS D'EUT : s.m.
Moisson ou mois d'Août. Les charpentiers, les scieurs de long, auparavant se louaient pour la durée de la moisson ( c'étaient de
rudes faucheurs ).
MOEYETTE : s.f.
Petite meule : - Enn'moéyett' ed forage.
Celle-ci est formée de deux houveaux, qui compose la botte et qu'on place debout pour faire sécher, la partie du haut étant liée par un
lien que l'on entortillait en le tirant par le haut pour en faire une ligature. Dans l'Amiénois on faisait des moéyettes de gerbes de blé
de 25 bottes. V. Cabotins, cahots, d'moiselle, moa.
MOFE : s.f.
Tas : petit meule de foin mis à sécher dans les champs.
MOLETTE : s.f.
Espèce de tumeur au jarret du cheval. Clé à molette. Roulette de la clé anglaise.
MOLINET : s.m.
Moulinet : sorte de petit treuil, placé horizontalemert en bas de la fourragère, à l'arrière des tombereaux et des chariots actionné par
des deux chevilles et servant à serrer et maintenir le " combe " sur un chargement de gerbes.
- Serr'bien ch'combe. Donn'un queup d'meulinet ou molinet. Pouliot.
MONCTION : s.f.
Motion : changement de lune, coïncidant avec une phase lunaire.
- Ech'temps i cange, i y o énn monction d'lènn'. V. Mouvince.
MONT : s.m.
Tas : - Monceaux. Des monts d'fyin. Tas de fumier.
MONT'A BÊTES : loc.
Survie : - A l'o coère montée à bêtes.
- J'ai ieu peur pour no jument, mais a l'est v'nue à bout ed's'insatcher.
Se dit lorsqu'une personne ou une bête prolonge son existance devançant la mort.
MONT'A DINTS : loc.
Engrenage qui par suite d'un recul trop brusque est déréglé, ou lors d'usure d'un pignon. L'axe principal, monte à dents.
MONTANT : s.m.
Pièce de fer portant le régulateur de la charrue. Pièce de harnais, partie de la bride, qui va du mors à la cocarde.
MONTÉE : s.f.
Passage fait dans un talus pour accéder à un champ.
- Em tchott montée. Une petite pente dans un chemin. V. Dévallée.
MORAILLES : s.f.
Espèce de tenailles pour pincer le nez des chevaux difficiles à ferrer. V. Teurd-nez.
MORCIEU : s.m.
Morceau : - Minger un morcieu.
Manger un morceau de pain. Repos. V. R'chiner.
Ram'ner un morcieu d'pain d'aloettes. Pain que l'on ramenait des champs
V. Canté, tchignon.
MORFI : s.m.
Morfil : taillant donné à la faux ou au couteau, au moyen d'une pierre à aiguiser " Tcheusse ".
- T'os foait des brèqu's, donn'donc un queup d'tcheusse.
MORTE-PAYE : s.m.
Vieux domestiques qu'on garde sans faire travailler. Celui qui ne peut payer ses contributions.
MORVE : s.f.
Humeur visqueuse qui découle des narines. Maladie contagieuse des chevaux, transmissible à l'homme par inoculation et qui est caractérisée
par une inflammation des fosses nasales.
MOUCHON ; s.f.
Lait de vache provenant de la première traite après le vêlage.
- Enn boénn' mouchon. Une bonne quantité de lait après la traite d'une vache. Lait sortant du pis et bu encore chaud. V. Camus.
MOUÉE : s.f.
Maie : hauche pour confectionner le pain. V. Farinière.
MOUÉGNEU : s.m.
Moineau : - Chés mouégneus en'n'ont foait du bieu, i l'ont tout r'tornés dins min gardin. Les moineaux ont retournés mes semis.
Mouégneu restant de pâte que l'on faisait cuire en lui donnant une forme du pouce passé entre l'index et le majeur.
MOUÉYU : s.m.
Moyeu : partie centrale de la roue du tombereau dans laquelle est encastrée " l'boèt'à voèture "
où sont fixés les raies.
MOUFES : s.f.
Mouffles : système de poulie. Crochet en fer fixé aux extrémités du tracier et permettant d'accrocher les traits. Oeil en fer se
trouvant au bout des brancards ou on accroche le "trois coins".
Gants en peau de mouton que mettaient les cultivateurs, pour se protéger les mains en hiver.
MOUSTCHETON : s.m.
Mousqueton ou crochet métallique permettant d'attacher l'extrémité d'une chaîne ou laisse.
MOUSU : adj.
Faire la moue : - Qué mousu !
MOUTARDE : s.f.
Plante cultivée de la famille des crucifères servant d'engrais verts après enfouissement. Farine de moutarde.
Sinapisme qui servait lors des coliques des chevaux à frictionner l'échiné de ceux-ci et qu'on recouvrit ensuite d'une couverture.
Condiment.
MOUTON : s.m.
Brebis : - De 1'viand'ed'mouton. Du ragoût d'mouton, un gigot d'mouton.
Viande de choix.
MUCHER : v.a.
Se cacher : - S'mucher derrière énn moa. Se cacher derrière une meule.
MUE : s.f.
Période ou le poil des animaux tombe, laborieux lors du pansage des chevaux. Grande cage à claire voie pour une poule et ses poussins.
Lieu étroit où l'on tient la volaille pour la graisser.
MUER : v.a.
Changer de poil. Vers le mois de mars ou avril celui-ci tombe.
- Chés g'vos i mutt'tnt.
MULE : s.f.
Femelle du mulet. Entêtée. - Qué mule !
MULET : s.m.
Animal né d'un âne et d'une jument.
- Quertché comm'un mulet. Chargé et franc comme un mulet.
Les muletiers reconnaissent la franchise du mulet pour effectuer le passage dans la montagne.
MULOT : s.m.
- Mus sylvaticus. - Min sainfin l'est plein d'mulots, in'me n'in laich'rons point.
Il y a quelques années en 1965, les fourrages furent en partie détruits par ces rongeurs, on pouvait voir les champs remplis de chaperons de paille, couvrant le poison mis dans les trous ou galerie.
MUSARAIGNE : s.f.
Petit animal carnassier, de la grosseur d'une souris, rend de grands services à 1'agriculture en détruisant les vers et les insectes.
MUSELIÈRE : s.f.
Filet que l'on met au museau du cheval pour éloigner les mouches.
Muselière de chien ; muselière de cuir entourant le .nuseau du chien que l'on fixe par une courroie au dessus des oreilles.
MUSETTE : s.f.
Petit sac de taille dans lequel les ouvriers agricoles emportaient leurs repas. Musette : petit rongeur de la même famille que la musaraigne,
mais se trouvant généralement dans les silos ou encore dans les caves.
V. Saclet.
MUSEROLLE : s.f.
Partie accessoire de la bride, qui se place sur le chanfrein.
MUSIR : v.a.
Moisir : - Min fourrage i musit, i l'est plein d'poussière : chés g'vos vont coère et's bien poussifs avec o !
La rentrée hâtive de celui-ci, en était souvent la cause. V. Muterné.
MUTERNÉ : adj.
Paille ou foin, qui par l'humidité sent le moisi, tel le fond d'un tas ou
tasserie. V. Sous-trie.