ÉBERDLER : v.a.
Ecraser : - Réduire in marm'lade. T'es éberdié mes bett'raves.
Tu as écrasé mes betteraves en les mettant en silo.
V. Ecatir, écrabouiller.
ÉBERLOUFRÉ : adj.
Effaré : - II est toujours in mitan éberloufré.
Il est toujours à moitié effaré. V. Etombi, ébeubi.
ÉBEUBI : adj.
Etonné : - J'étouais tout ébeubi, saisi, éperdu. V. Éberloufré, étombi.
ÉBONDIE : s.f.
Saut ; subitement : - I s'est l'vé d'énn'ébondie.
Il s'est levé immédiatement.
ÉBOULÉ ; v.n.
Eboulement :
- Tu n's'ros point longtemps à ébouler, t'voètur' al' bale.
Ton chargement penche, tu vas finir par ébouler ou verser.
ÉBOURRIFFÉ : adj.
Embrouillé, effarouché.
- Mes g'vos sont tous ébourriffés, iz'z'ont seur'mint sinti quéqu'cose. La présence de sangliers en est souvent la cause...
ÉBRANTCHAGE : S.m.
Ebrancher : - Mes z'ab's sont à ébrantcher.
Pour avoir de beaux sujets et bien droits, on coupait les branches à la base. V.
Eladjer.
ÉBRÉTCHÉ : v.n.
Ebréché : - Em'feuqu'al' est ébrétchée.
Ma faux est ébréchée, il va falloir la rebattre.
ÉBROUER : v.a.
Secouer : les chevaux lorsqu'on leur enlevait leur collier, s'ébrouaient. V. Eporer.
Manifestation : - I l'est toujours lo qui s'ébroue.
Il a toujours quelque chose à dire.
ÉBRUCHURE : S.f.
Petite averse :
- I l'est tcheut énn'me chant'ébruchure, d'ech'queup lo, j'n'ai point pu rintrer min fourrage.
La pluie m'a empêché de rentrer mon foin. V. Erée.
ÉBUARD : s.m.
Coin de bois dur pour fendre les bûches.
ÉCAFLOTER : v.a.
Ecaler : - Chés gueugues i tchétt'tnt, i s'écaflottent.
Les noix en tombant font éclater leur enveloppe.
ÉCALURES : S.f.
Pellicules dures de certaines graines.
ÉCANILLÉ : v.n.
Emoustillé ; faire lever ou chasser les poules avec un bâton.
- Ecaniller ch'poèl'. V. Atiser.
ÉCAPÉ : v.a.
Se sauver, échappé :
- Min g'vo s'est écapé. Mon cheval a pris le mors aux dents, et s'est échapé.
ÉCARDONNER : V.a.
Echardonner : couper les chardons, aujourd'hui on n'échardonne plus, on désherbe.
ÉCARDONNOÈR : s.m.
Echardonnoir : outil formé d'une lame d'acier tranchante emmanchée et servant à couper les chardons.
ÉCATIR : v.a.
Ecraser :
- Enn' serr' point d'trop chés pèmm's dins ch'pègnier, i vont et's écaties. Ne serre pas trop les pommes dans le panier pour ne pas les écraser. Eberdier. Ecrabouiller.
ÉCAUFFER : v.a.
Echauffer : - Tin fourrage i s'écauffe, tu l'o rintrer trop vit'.
Le foin ayant été rentré trop hâtivement s'échauffe. V. Muterné, musi.
ÉCAVECADE : S.f.
Manipulation brusque qu'on imprime à la bride du cheval, en secouant le caveçon (muselière).
ÉCHANTIGNOLE : S.f.
Pièce de bois trapézoïdale placée sous le jit et sur l'essieu des charriots et des voitures. V. Equarichure.
ÉCHAUBOULURE : S.f.
Maladie de la peau du cheval.
ÉCH'NAILLER : v.a.
Faire descendre les poules des ch'ners. - Déjoutcher chés glaines ed' chés ch'naillères. V. Ch'ner.
ÉCH'NAILLÉRES : S.f.
Ensemble de pièces de bois mobile qu'on place au dessus de l'aire d'une grange, d'une entrée charretière pour y tasser de la paille
ou du foin. V. Ech'nail, ch'ner.
ÉCH'PÉE : s.f.
Souche ou amas de branches : '
- Je m'sus inch'pé disn énn' éch'pée. Foaire énn' éch'pée d'branqu's 'd' noèss'tiers (fascines) pour consolider un rideau, un
talus.
ÉCHORTE : v.a. }
Avorter : en parlant des animaux.
- No vaqu' a l'o échorte. Notre vache a avorté.
ÉCHU : s.m.
Vent qui sèche les récoltes après la pluie.
- I foait d'l'échu, o peut carrier après-midi.
Il fait du vent, ça va sécher, ce qui permettra de charrier après-midi.
ÉCLAIR : s.m.
- Eclairs ed' caleur. Eclairs de chaleur.
- Eclairs ed' cave. Soupirail de cave.
- Os-tu muché z'éclairs ed'cave. As-tu bouché les soupiraux de cave.
V. Ev'nelle.
ÉCLAIRCHIE : s.f.
Eclaircie : s'emploie lorsque par temps de pluie, le ciel s'éclaircit et la pluie cesse de tomber.
- Oz z'allons nous in n'aller 1'temps qui y o énn'éclairchie.
ÉCLIYÉ : v.n.
Se disjoindre, en parlant des douves des tonneaux, écartées par la sécheresse.
- Mes baris sont écliyés, feudro les mette à éneyer.
Mes barils sont disjoints, il faudra les mettre à " combuger " (vieux français).
ÉCOBUER : v.a.
Arracher d'un terrain les herbes qui les couvrent, les brûler ensuite répandre les cendres sur le sol.
ÉCOBUAGE : s.f.
Action d'écobuer ; - L'écobuage fertilise la terre.
ÉCORNER : v.a.
Rompre les cornes ; écorner un taureau.
- Mes vaqu's is'sont battues, pi y in n'o y eu énn'd'écornée.
Mes vaches s'étant battues, une de celles-ci a perdue une de ses cornes.
ÉCORTER : v.a.
Ecourter : couper la queue d'un poulain. V. Etcheuter.
ÉCRABOUILLE : V.n.
- In mettant chés bett'raves in silo, y in'n'o des écrabouillés.
Lors du silotage des betteraves, on les écrasait. V. Ecatir, Ebesoler.
ÉCRAMPI : adj.
Engourdi : - On'n'est tout écrampi d'été à deux j'noux pour détrier des z'héricottes. On est tout engourdi d'être à genoux pour trier des
pommes de terre. V. Ingordi, epsés (avoèr 1').
ÉCRANTCHÉ : adj.
Fatigué : - A forch'd'ét' bâché, oz'z'est tout écrantché. V. Epsés
ÉCRÉMER : v.a.
Enlever à l'aide d'une cuillère, la crème formée à la surface du lait, conservée dans une jatte (gatte) à couler ; la partie restante s'appelait " ptchot lait ou lait prinds " avec lequel on faisait le fromage
blanc.
ÉCRUE : adj.
- De l'toèle écrue. De la forte toile, torchons ou serviettes.
Fer écru. Mal corroyé.
ÉCUANTEUR : Gauchie ; volandrer.
Inclinaison des rais d'une roue sur l'axe du moyeu.
- Tes reus vont bientôt étc à catrée. Les roues étant volandrées, risquent de s'écraser.
ED 'L'AVANT : loc.
Aller de l'avant ; qualité, débrouillardise, aller au devant des choses. Avancement. - Ett' ed'l'avant.
ED'VOURÉ : v.n.
Etre dévoré : - J'sus d'vouré à moustiques, j'sus mie à bêt's d'orage.
On est mangé à bêtes d'orage (thrips). V. Matché, Epine.
ÉFAILLE (AL') : loc.
Jeter dehors : - Quéqu'un o ouvert l'port' de m'pâture, pis l'o mis mes vaqu's à l'éfaille. V. Vadrouille.
La porte de l'herbage étant ouverte mes vaches se sont trouvées dehors.
ÉFÉRON : s.m.
Anneau de fer qu'on passe, dans la cloison du museau des porcs, pour les empêcher de fouiller le sol.
EFFANÉES : v.n.
Les fanes ou sommités des feuilles sont tombées dont les bonnes à arracher.
EFFANURES : s.m.
Tiges provenant des plantes effanées ou arrachées, blés, pommes de terres.
EFFAROUCHÉ : v.n.
Etre effarouché. Avoir peur. - Chés glaines sont effarouchées. V. E -bourriffé.
EFFLANTCHÉ : adj.
Se dit d'une bête maigre, au point d'avoir les flancs creux et décharnés. - Et'bêt' a l'est jolimint efflantché. V. Déflantché.
EFFORCHES : s.m.
Ciseaux pour tondre les moutons pour en avoir la laine. On dit aussi forches. ( V. ce mot ).
EFFRITER : v.a.
Rendre friable : le gel effrite les roches les plus dures. V. Veule.
EFFROUER : v.a.
Emietter : lorsqu'on faisait des pâtés pour les dindonneaux, on effrouait de la mie de pain, que l'on mélangeait à des jaunes d'oeufs cuits
durs et des orties "à pouldindes" en vue de faire pousser leur "rouge".
EFOUREAU : s.m.
Voiture à deux grandes roues, servant au transport des fardeaux très pesants. V. Fardier, binard.
ÉGARROTTÉ : v.n.
Se dit d'un cheval blessé au garrot.
ÉGLUIYER : v.a.
Débarrasser la paille de seigle, des menues tiges et herbes pour préparer le glui. Pour égluiyer, on prend une poignée de seigle battu. On la
saisit à la hauteur des épis, et on la secoue jusqu'à ce qu'elle soit débarrassée des égluiyures. V.
Egluiyures.
ÉGLUIYURES : s.f.
Petites tiges et herbes, échappées de la paille de seigle. V. Erêques.
ÉGNEU : s.m.
Agneau : - Que bieu égneu ! Quel bel agneau !
ÉGUEROUILLÉ : adj.
Evasé : - Ech'tchot' est tout "éguérouillê" d'avoèr monté à g'vos.
L'enfant avance les jambes écartées, d'avoir monté à califourchon sur le
cheval.
EGVILLE : s.f.
Cheville : morceau de bois conique, ayant une partie évidée à une extrémité, par laquelle on introduisait le noeud d'une corde, et qui servait
à lier les bottes de foin. Même modèle conique de chaque bout sans partie évidée et qui servait à nouer les bottes avec les liens.
ÉHOUPPER : v.a.
Battre rapidement au fléau les épis des gerbes sans les délier.
- J'vos éhoupper quéqu's bott's d'avènn' au pus vite.
Je vais battre quelques bottes d'avoine au plus vite pour mes chevaux.
EJ'NICHE : s.f.
Génisse ; quadrupède.
- No vaqu'a l'o vélée énn'alève.
Le cultivateur était content lorsqu'une vache vêlait une génisse, très souvent c'était pour élever. V. Alève.
EJ'NOUILLÈRE : s.f.
Genouillère : attache que l'on mettait sur les genoux des chevaux, lorsque ceux-ci se couronnaient.
- Min g'vo o gliché in querriant fyin, pis s'est couronné, j'ai du li mett'énn'ej'nouillêre. V. Couronné.
Morceau d'étoffés que le lieur nouait autour du genou pour garantir son pantalon.
ELADJAGE : s.m.
Action d'élaguer : couper le bois qui sort de l'alignement.
V. Eladjer, ébrantchage.
ELADJER : v.a.
Couper les branches, qui tombent sur un chemin, sur une ligne téléphonique. - Eladjer énn'haille. Tondre une haie. - Eladjer un layon. Couper
de taillis, pour ouvrir un passage dans un bois.
ELIACHE : s.f.
Lien fait avec une tige de bois pour lier les fagots. Pousse de noisetier de préférence.
EM'SURAGE : s.m.
Mesurage : action de mesurer. V. Arpentage.
ÉMEU (S) : loc.
Emouvoir : - Ch'vint i s'émeut, i va foair'ed'l' orage.
ÉMOUCHETTE : s.f.
Réseau garni de cordes flottantes qui s'agitent aux mouvements du cheval, et éloignant ainsi les mouches,
celui-ci était bien souvent fixé au frontal de la bride.
ÉMOUTCHAGE : s.m.
Action d'émoutcher. V. Emoutcher, emoutchoèr.
ÉMOUTCHER : v.a.
Chasser les mouches à l'aide de l'émouchoir lorsqu'on ferrer les chevaux, ou encore pour enlever la poussière après les avoir étrillés.
ÉMOUTCHET : s.m.
Epervier : oiseau de proie plus petit que l'épervier, et qui se nourrit de mulots. - Falco tinnunculus.
ÉMOUTCHOÈR : s.m.
Queue de poulain qui après écourtage, est coupé dans toute sa longueur, pour être fixée sur un bâton, lequel sert à chasser les
mouches lors des ferrages. V. Epous'toère.
ENEILLER : v.a.
Mettre de l'eau dans les tonneaux en vue de resserrer les douves.
V. Combuger.
ÉPALER : v.a.
Mesurer, compter combien, il y a de pas dans une pièce de terre.
ÉPARCINER : v.a.
Eparpiller ; jeter de ci delà.
- Eparciner des poulinées. Jeter à même du sol les fientes de poules.
ÉPARDE : v.a.
Epandre : - Epard'fyin. Epandre du fumier. V. Eparciner.
ÉPARVIN : s.f.
Tumeur dure aux jarrets du cheval.
EPEC : s.m.
Pic et pec : - Picus viridus. Mes z'abes sont à blantchir, chés pics i s'y
mett'nt. Mes arbres sont attaqués par des parasites. V. Pleupleu.
ÉPEUT'NÈRE : s.m.
Epouvantail : - J'ai du mett' des épeut'nères dins mes pèmm'ed'terre, chés cornailles, i matchouétt'nt tout'.
J'ai du mettre des mannequins dans mon champ de pommes de terre, les corbeaux me mangeaient tout.
ÉPIERRER : v.a.
Ramasser les pierres dans un champ, auparavant on ramassait les silex, pour recharger les chemins ou les cours.
V. Les métiers disparus " Chés ramasseus d'cailleux ". (Par l'auteur).
ÉPINCHES : s.f.
Pinces ou tenailles.
Grande pince dont se servaient les maréchaux pour retirer la pièce du foyer, pour la déposer sur l'enclume.
ÉPINÉ : adj.qu.
Etre épine : lorsqu'on charrie de l'escourgeon ou qu'on se trouve à la batteuse, on est agacé par les barbillons ou les poussières.
- J'sus épine, j'n'arrêt' de m'grincher. V. Edvouré.
ÉPUILE : s.f.
Epingle :
Epingle à capieu, les ramasseuses, les glaneuses mettaient au travers de leur chapeau ou capeline, une longue tige mince terminée par une petite
boule et traversant le chignon, maintenant ainsi celui-ci et l'empêchant de s'envoler. Petite aiguille à coudre.
ÉPLUTCHURES : s.f.
Epluchures de pommes de terre ou autres, que l'on fait cuire dans les chaudières, avec d'autres aliments, betteraves et grains pour
les porcs. V. Flattes.
ÉPORER : v.a.
S'ébrouer : - Chés glaines i l'aim'té bien s'éporer quant i foait se.
Les poules aiment bien s'ébrouer, afin de rechercher la fraîcheur, c'est souvent signe de pluie. V. Ebrouer.
ÉPOUS'TER : v.a.
Nettoyer un cheval, après l'avoir étrillé à l'aide de 1'épous'toère, partie de la queue, lors de 1'écourtement, et que l'on clouait sur un
bâton. V. Emoutchoèr.
ÉPOUS'TOÈRE : s.m.
Partie de la queue d'un poulain, lors de son écourtement, que l'on coupait dans toute sa longueur et que l'on clouait sur un bâton
afin d'en faire un époustoire, qui servait soit à chasser les mouches lors du ferrage des chevaux ou à enlever la poussière après
les mouches lors du ferrage des chevaux ou à enlever la poussière après les avoir étrillés ou brossés. V. Epoussette, emoutchet.
ÉPOUVINTE : s.f.
Epouvante : - Ch'bidet 1'o prind 1'épouvinte.
Le cheval a pris peur et a pris le mors aux dents. Imballé.
ÉPRON : s.m.
Eperon : - Eperon de cavalier : sorte de crochet d'acier que l'on fixe à l'aide d'une corde sous la chaussure pour monter aux arbres. V. Grimpette, gris.
ÉPSEE : s.f.
Fatigue : - A biner des bett'raves oz z'attrape l'epsée. V. Ereinter.
ÉQUARRICHEU : s.m.
Celui qui ramasse les bêtes mortes pour l'équarrissage.
ÉQUARRICHURE ; s.f.
Ensemble d'une voiture ou d'un chariot reposant sur les jites.
ÉQUERBOUILLER : v.a.
Remuer ; - Equerbouiller ch'poêle. V. Tisonner, écaniller.
ÉQUERPIEUS : s.m.
Personne qui ouvrent les gerbes pour les passer à l'engreneur, après que la copeuse de cordes
ait sectionnée celle-ci. On reconnait un bon " équerpieu " lorsque le roulement de la batteuse est continu.
V. Ingréneu.
ÉQUERPILLÉ : v.n.
Diviser : les gerbes, lorsqu'on battait à la batteuse, étaient équerpillées, c'est-à-dire ouvertes et jetés dans le batteur par l'engreneur.
ÉQUEUDAGE : s.m.
Blanchissement des murs, des étables par un badigeon à la chaux, lait de chaux servant à cet usage. V. Blantchir à 1'queux.
ÉQUEUDÉ ; v.n.
Echaudé ; un peu chaud. S'échauffer, s'entraîner.
- Etr'équeudé. En état d'ébriété. Etre dupé. - Pour un queu, j'ai été équeudé. V. Erpasser, rouler.
ERBEYER : v.a.
Regarder : - I n'feut point r'beyer à dix francs près, argint n'est perdu qu'par argint.
ERCHINÉE (AL') : loc.
A la collation : - J'attindrai l'l'erchinée pour er'batt'min dare. V. Pipe.
ERCHINER : v.a.
Manger dans le courant de la matinée. Prendre une collation, un complément.
ERCRAN : adj.
Fatigué après un dur travail. V. Ereinté.
ER'BATT' : v.
Rebattre : - Tin dare i l'est a er'batt'. Ta faux est à aiguiser.
ÉRÉE : s.f.
Ondée, averse : - I vo tchére énn'érée. Il va tomber une averse.
Dicton : - I y o énn'érée sur Bray, pis un clairon sur Long.
Lorsque le ciel est couvert sur Bray (ouest) et dégagé à l'Est. Il pleut sur Bray et fait beau sur Long.
ÉREINTANT : adj.
Se dit d'un travail très dur : - Biner des betteraves est un travail éreintant. V. Ercran.
ÉREINTER : v.a.
Excéder de fatigue. - Ereinter un cheval.
ÉRÉQUES : s.f.
Paille brisée qui tombait des bottes battues au fléau.
- Fétu d'paille, étruques. Wapails.
ERLANDER : v.a.
Trainer ; travailler mollement. V. Chipoter. - Qué l'erlandeu !
ERLANDEUX : s.m.
Homme qui trainaille : qui n'avance pas dans son travail.
V. Lambineux, long tchui, longivo.
ERLIND : adj.
Odeur d'humidité : - Tin forage i sint l'l'erlind. Foin rentré humide.
ERMISE : s.f.
Remise ; endroit où l'on rentre les instruments agricoles ou autres.
V. Rabattu, halette.
ÉROUA : s.f.
Sillon : terre rejetée par le soc de la charrue, lors d'un labour.
ÉROUELLE : s.f.
Sillon qui sépare les deux fesses. - Erouell' du tchu. J'ai un cleu bien mal plaché. Avoir un furoncle.
ESCACHE : s.m.
Sorte de mors de la bride du cheval.
ESCOGRIFFE : adj.
Personne de grande taille et mal bâtie dont on veut se moquer.
- Ch'est un rud'escogriffe. Qui prend hardiment le bien d'autrui.
V. Agrippeu, ratrucheu.
ESCOURGEON : s.m.
Orge hâtive que l'on sème en automne. V. Pamelle.
ESSARTER : v.a.
Défricher : arracher les broussailles pour remettre en culture. Travaux après un remembrement. V. Accrus.
ESSE : s.m.
Crochet en forme d'S. Cheville plate qui sert au bout de l'essieu, pour maintenir la roue. V. Goupille, clavette.
ESSINVER : v.a.
Essanver : détruire les sanves.
ESSIU : s.m.
Essieu de voiture, de chariot sur lequel est introduit les roues en vue de supporter la cage ou "équarrichure".
- Essiu d'querrue. Celui-ci est rattaché à la quarole ou montant de la charrue.
ESSOURISSER : v.a.
Couper un cartilage nommé : " souris " qui est dans les naseaux du cheval.
ESTCHINTE : v.n.
Démolir, détériorer :
Se fatiguer ; - Quoa qui n'n'a d'pus o s'estchinté d'travailler.
ÉTALON : s.m.
Cheval hongre, spécialement réservé à la reproduction. Ceux-ci étaient reconnus par le Ministre de l'Agriculture et par zone.
ÉTALONNIER : s.m.
Personne attachée à l'étalonnage et conduisant un étalon.
ÉTCHÉ : s.m.
Barrière ou porte à claire-voie, à hauteur d'appui, empêchant les chiens et les volailles, de rentrer. Celle-ci était pourvue, à la partie supérieure
d'un petit tambour à claire-voie, tournant horizontalement autour d'un axe, renvoyant ainsi les volailles, qui voulaient s'y jucher, à leur point de
départ. V. Hec.
ÉTCHEUTE : v.a.
Equeuté, écourter, couper la queue d'un poulain.
- Etcheuté des bett'raves. Couper le collet des betteraves. V. Ecorter.
ÉTCHIGNÉ (S') : v.a.
Marquer son mécontement.
- I l'est toujours lo à s'étchigner quant o li dit quéqu'cose.
Il est toujours là à dire quelque chose (se maugréer). Romionner.
ÉTCHU : s.m.
Ecu : pièce de monnaie d'une valeur de trois francs. Les cultivateurs enfouissait ceux-ci dans des bas de laine ; on les accusait après la guerre
40 de remplir des lessiveuses.
ÉTCHURIE : s.f.
Ecurie : lieu où logeaient les chevaux.
- I l'o énn'belle étchurie. Avoir un bel ensemble de chevaux.
ÉTÉNN' : v.a.
Etendre ; ouvrir :
- J'm'in vo éténn'ém'n'a vénn'. Je vais étendre mes javelles d'avoine pour les faire sécher.
ÉTERTCHI : loc.
Qui se redresse : se dit d'un cheval qui marche en redressant la tête.
- Etre étertchie. Personne orgueilleuse.
ÉTERTCHIR : v.a.
Etendre ; élargir : - Etertchie tes doégts. Allonge tes doigts.
S'étertchie : - En' t'étertchit point comm'o su l'tabe.
Ne te couches pas comme ça sur la table.
ÉTEUILLES : s.f.
Chaume qui reste sur pied après la moisson.
- T'os foait des rudes z'éteuill's dins tin bos.
Couper le bois d'une basse futaie très haut de pied.
ÉTEUILLIS : s.f.
Ensemble d'un champ d'éteulles (chaume).
ÉTICHER : v.a.
Eclabousser : - In passant dins énn'marette d'ieu, i m'o étiché,
En passant dans une flaque d'eau, il m'a tout éclaboussé.
ÉTINDELLE : s.f.
Bâche recouvrant les voitures à ressort.
ÉTINTCHURE : s.f.
Branche d'arbre qu'on appointe à une extrémité pour la ficher en terre et servant à réparer les haies. Se plante également dans un champ
pour en interdire l'entrée ou le passage. V. Ficron.
ÉTO : s.m.
Etai : - Tes lo comme un éto. Planté comme un pieu. V. Pieu, gueugues, étriqués.
ÉTOMBI : adv.
Surpris ; figé : - Etre étombi. Te vio figé comme un éto (étai).
V. Ebeudi, eberloufré.
ÉTRAMER : v.a.
Epandre : - Etramer fyin. Epandre du fumier sur une terre qui devait faire une récolte de pommes de terre ou de betteraves. V. Epardre, éparciner.
ÉTRAM'RIE : s.f.
Désordre : - Quelle étram'rie, que fiyin, énn'truie n'y r'connaitroait ses jones. Quel remue ménage, une truie n'y reconnaitrait pas ses
jeunes. V. Ousi.
ÉTRAMURES : s.f.
Litière : paille servant à la litière des bêtes.
ÉTRANNER : v.a.
Etrangler : - Mes vaques is sont étrannées avec des pèmmes.
Mes vaches se sont étranglées en mangeant des pommes. V. Intotché.
ÉTREIN : s.f.
Litière des chevaux.
ÉTRILLE : s.f.
Etrille : objet servant à la toilette des chevaux.
- Tes g'vos i mut'tnt, i y d'quoi à étriller.
Tes chevaux changent de poils ceux-ci tombent, laissant apparaître des taches sur leur robe. V. Mue.
ÉTRIQUE : s.f.
Etai : - Met énn'étriqué a t'moa, al'bal' de ch'côté, qu'al'veut tchère.
Met un étai pour soutenir ta meule et l'empêcher de tomber. V. Piu.
ETRINDJUILLON : s.f.
Inflammation du gosier et des amygdales du cheval.
ÉTRONGNE : v.a.
Arraché ; délabré :
-J'ai énn'vaque qu'a 1'o étrongné s'longe à forche ed'tirer d'sus.
J'ai une vache qui a cassé sa longe en tirant dessus. V. Dépénailler.
ÉTRON : s.m.
Fiente des poules et des pigeons : mélangé aux cendres cela sert d'engrais. V. Poulinée.
ÉTRUQUES : s.f.
Petit bout de paille : - J'ai lanché énn'étruque dins min doègt.
En glanant, j'ai introduit un bout de paille dans mon doigt.
V Eteuille, éréques, fétu, plé.
EUGE : s.m.
Auge : récipient servant à l'alimentation des bêtes.
- Enn'euge à glaines, un euge à coéchons.
EUSON : s.f.
Oie, volatile : Oie de Toulouse disparait de plus en plus des fermes.
- Foaire un " euson ". Prendre une double ration d'eau-de-vie. V. Canard.
EUT (MOES D') : s.m.
Août : huitième mois de l'année, mois de la moisson.
- Foaire sin moès d'eut. Réaliser un bénéfice.
Arrière saison. - Après s'eut.
EV'NELLE : s.m.
Soupirail ; aération des caves. Venelle.
- Boucher z'v'nelle ed'cave. I/ hiver pour éviter que le froid ne rentre dans la cave, on bouche le soupirail.
- Ev'nelle ed grange. Porte se trouvant dans le milieu du mur de la grange, donnant soit sur la cour, soit sur la rue mais à cet endroit
celle-ci était située, au dessous de la charpente. V. Eclair.
ÉVERTINÉ : adj.qu.
Espiègle :
- Quel évertiné, i n'arrête, i n'a rien trouvé d'é miux que d'cacher mes vaques.
Quel espiègle, il ne tient pas en place, il n'a rien trouvé de mieux que de chasser mes vaches.
ÉVINTÉ : v.a.
Etre évinté : - Grand vent, i foait un vint à écorner des beus.
Il fait un vent à faire tomber les cornes des boeufs.
- Oz z'est évinté, o n'sintiro point l'musi.
Le vent pénétrant, ressuie.
EXTIRPATEUR : s.m.
Instrument aratoire pour arracher les mauvaises herbes.
V. Scarificateur, déchaumeuse.
EXTIRPER : v.a.
Déchaumer, déraciner les chaumes après les récoltes.
EXTRAPASSEUR : v.a.
Excéder un cheval en lui faisant faire un long tour de manège ou de piétineuse.