Naissance d'une légende
Création d'une nouvelle société :
Maurice Goudard et Marcel Mennesson, tous deux Centraliens, sont les créateurs
de la société Solex. Cette société a été créée vers 1905 pour fabriquer des
radiateurs centrifuge, puis des carburateurs.
C'est en 1916 que Marcel Mennesson fait une demande de brevet pour un moteur
auxiliaire à loger au centre de la roue arrière, ce brevet lui sera accordé le
31 décembre 1917. Un second brevet déposé le 31 décembre 1918 et délivré le 26
mai 1919 concernera un deux-roues complet prévoyant : un cadre composé d'un tube
unique de large section allant de la selle à la colonne de direction en passant
par le repose pied, ainsi qu'une suspension avant par fourche pendulaire. Ces
brevets ne seront jamais suivis d'une mise en production.
La naissance d'un mythe :
Ce n'est qu'en 1940 que Marcel Mennesson fait réaliser un prototype de moteur de
38 cm3 de cylindrée. Les caractéristiques sont celles du vrai Solex, avec entre
autres, une transmission par galet ; le cylindre décalé par rapport à l'axe de
la roue ; et l'essence, pompée en sus, est renvoyée dans le réservoir. En
décembre 1940, ce moteur est installé sur un vélo d'homme Alcyon à grandes roues
de 700, couleur noir à filets or, c'est donc le premier modèle de VéloSolex.

Premier prototype de Solex
Lorsque le 7 juillet 1943, parait dans le journal officiel un décret du 5 juin
officialisant une nouvelle catégorie de deux-roues motorisés "les bicyclettes à
moteur de secours d'une cylindrée au plus égale à 50 cm3", c'est la porte
ouverte à la production en série. Chez Solex, le modèle est arrêté en 1942 et,
dans un premier temps, il sera produit près de 700 modèles de pré-série jusqu'en
1946 qui seront confiés au personnel afin d'opérer les améliorations qui
aboutiront à la version définitive du printemps 1946.

Modèle pré-série de Solex, 1942
La commercialisation :
C'est donc en avril 1946 que seront vendus les premiers VéloSolex, ils sont
produits à Courbevoie à la cadence de 15 machines par jour et ils coûtent
13 600 Fr pièce.
En 1947 débutent les modifications du VéloSolex et le pétrolier British Petroleum
crée la Solexine, un mélange prédosé essence/huile, qui réduit le calaminage. Ce
carburant est vendu dans les stations-service Solex en bidon métallique de 2 l.

En 1948, la production atteint les 25 000 unités, et le prix est de 19 418 Fr.
En 1949, la production passe à 36 000 unités, on estime d'ailleurs que l'on
vendait plus de 100 Solex par jour ouvrable. Le modèle de 1951, voit son prix
augmenter et passer à 32 500 Fr.
Chez Solex, c'est Gaston Chapelle qui s'occupe de tout le service après vente,
et en particulier, il a mis sur pied un réseau de près de 250 stations-service
VéloSolex en 1951, et de 1 000 en 1962 sur toute la France et dans un grand
nombre de pays de l'union française.
La dernière bicyclettes à moteur :

Dessin du modèle de 1952
On atteint 100 000 exemplaires en 1953, et ce Solex est d'ailleurs le dernier
représentant des bicyclettes à moteur de secours. Le succès est incontestable,
les machines sont fournies par 50 aux concessionnaires, qui les payaient
comptant. Ceci était possible puisque les commandes étaient passées trois mois à
l'avance. De plus, on rapporte que se déroulait une sorte de marché noir qui
permettait d'obtenir une machine dans des délais plus courts. Cette année là, la
demande est telle, que la production est répartie sur 3 usines.

L'usine de l'angle du bd de Verdun et du bd de la Paix
Le modèle de 1954, présenté au salon de Paris en octobre 53, propose une
modification du moteur. Ce modèle est vendu 34 810 F, il sera désigné par Solex
comme le "type 330". On en aura vendues 157 814 unités en 1954, et 202 588 en
1955. en 1954, le prix du SoleX était de 348F.

Modèle 330
Le 660 est présenté au salon de Paris en octobre 1955: le cycle est modifié. On
a vendu 228 183 unités de 660 en 1956, 261 021 en 1957, et 274 261 en 1958.
Modifications sur le moteur :
En 1957, c'est au tour du 1010, qui apporte essentiellement des modifications au
niveau du moteur.
1958 voit apparaître le 1400 équipé de roues de 550 et de pneus plus épais. Ce
modèle sera vendu à 288 309 unités à 32 800 F garantis un an.
1960 sera l'année du 1700, une réponse à la concurrence, le Vélovap, avec en
particulier l'adoption d'un embrayage automatique compound. Ce modèle sera vendu
à 288 194 unités au même prix que le 1400. Cette même année, on en est à 5
usines de production pour la fabrication des VéloSolex.

Modèle 1700
Le S 2200 sortira pendant l'été 1961 avec quelques améliorations concernant
l'esthétique et la puissance du moteur. La production de 1961 est de 300 070
unités, à 348 NF (jusqu'en 63), 311 076 en 1962, 340 000 en 1963 et 380 000 en
1964. On estime qu'en 1964, on vend 1500 machines par jour ouvrable.
Afin d'améliorer la productivité, le cadre sera changé et présentera une section
rectangulaire en tôle. Ce nouveau cadre équipera le S 3300 présenté au salon de
Paris en 1964. Le prix du 3300 est de 373 NF.
Confirmation d'un mythe
Le seul et l'unique, le 3800 :
En 1966 sortira le S 3800, qui possède un meilleur couple afin d'augmenter les
performances en côte. En 1968, Solex diversifie le 3800, qui est a 420 F, en
proposant des modèles de couleur (bleu ou rouge), dit 3800 "luxes", vendus à
447 F. En 1967, il sera vendu 287 119 unités ; en 1968, 286 431.

Modèle 3800
Une erreur de parcours :
De 1968 à 1974, sera produit le "Micron", c'est un cyclomoteur qui mélange des
roues de scooter et un moteur de 3800, et qui ne possède pas de pédalier. En
outre, il nécessite à l'époque le port du casque, la carte grise, une
immatriculation, et le permis de conduire. C'est un modèle qui s'est vendu en
parallèle du 3800 et qui ne se vendra pas à plus de 4000 exemplaires pendant
toute sa durée de production.

A gauche, le Micron - à droite le Flash
Solex fabriquera aussi des cyclomoteurs plus classiques, qui ne possèdent pas le
moteur sur l'avant et une transmission par galet. En effet, en 1969 apparaît
"Flash" qui deviendra le "6000" en 1972. C'est un cyclomoteur avec une
transmission à cardan, et un frein à disque à l'arrière, un moteur de 1,4 cv
pour une vitesse de 40 Km/h (contre 30 Km/h pour le 3800) et une consommation de
2 litres aux cent kilomètres (contre 1,4 pour le 3800). Son prix est de 559 F
contre 420 F pour le 3800. En 1972 le 6000 propose une fourche télescopique, un
garde boue avant classique et des flancs arrière plus échancrés. Il est vendu
710 F en parallèle avec le Flash qui est à 640 F. La production totale ne
dépassa pas 100 000 unités.
Le 5000 :
En 1971, c'est la sortie du 5000, qui se vendra en même temps que le 3800. Ce
nouveau modèle est plus bas et existe en quatre couleurs : jaune Palma, orange,
bleu atoll, blanc névé. Son prix est de 529 F en 1971 et il sera produit
jusqu'en 1980. En 1973 la gamme propose le 5000 en version pliable, c'est le "PliSolex"
qui se plie sur la base de la poutre centrale. Ce modèle est vendu 715 F en 1974
alors que le 5000 est à 584 F. Le PliSolex sera produit jusqu'en 1978.

Le PliSolex et Le 5000
Une "mobylette" chez Solex :
En 1973, c'est la sortie du second vélo-moteur qui ne possède pas le moteur sur
l'avant et une transmission par galet, le Ténor. C'est une "mobylette" tout ce
qu'il y a de plus classique, il possède un moteur Franco Morini. son prix est de
1060 F pour le Ténor L, et de 1350 F pour le Ténor S, qui dispose d'une selle
double, d'amortisseurs arrière apparents et de clignotants. Le S n'est
disponible qu'en jaune palma. Après six mois, la gamme est rénovée avec un Ténor
R sans suspension arrière et avec un garde-boue émaillé ; les L et S sont
remplacés par le GL et le GS avec des moteurs Ankler-Laura dont le cylindre est
incliné de 25 degrés. Le haut de gamme est le S4, qui possède un moteur Franco
Morini à quatre vitesses à embrayage manuel et sélecteur au pied. Ce S4 n'est
disponible qu'en rouge vif. Il ne sera produit que 2000 exemplaires de ce
modèle.

Le ténor GL
1974 verra la présentation du 4600 pour le marché de l'exportation qui mélange
le 3800 et le 5000 afin de se conformer à la législation locale. Une version à
phare rond sera prototypé pour le marché américain, un autre avec un phare de
5000 sera vendu sur le marché anglais, et un 5000 avec des petites roues sera
vendu en hollande (la faible taille des roues permettait de ne pas porter de
casque). Ces modèles seront les derniers modèles à moteur à l'avant et
transmission à galet produit par Solex.
La fin du mythe :
Le 29 janvier 1974, Félix Goudard s'éteint à l'age de 86 ans, il était chargé du
réseau commercial mondial de la société Solex. Cette même année, Renault prend
le contrôle de VéloSolex. La filiale "Renault Moteurs Développement" échange à
la fin de l'année sa participation majoritaire de 51% chez VéloSolex pour une
participation minoritaire de 15% chez Motobécane. Motobécane arrête donc
immédiatement la production des 6000 et des Ténor, qui sont directement
concurrents avec certains produits de leur gamme. Les 3800 sont donc maintenant
produits à Saint-Quentin dans les usines de Motobécane. En 1977, le 3800 est
monté avec un nouveau phare arrière plus large. En 1986, il est équipé de
leviers de freins droits, et de catadioptres sur les fourches arrière et avant.
En 1983 Motobécane devient MBK, c'est le début de la prise de pouvoir du groupe
japonais Yamaha. Le 3800 est produit jusqu'en 1988, mais les ventes ne sont plus
que de 7077 en 1980 et 2 787 en 1981. La chaîne de montage MBK de l'usine de
Saint-Quentin, s'arrête donc le 7 novembre 1988 avec la production de 100
exemplaires qui seront pour la grande majorité vendus aux enchères au profit des
"resto du coeur".

Modèle 3800 en rouge (1986)
sources http://solexin.free.fr/historique/histo/