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J.O. de Paris 2024: Armancourt, plus petite ville de France labellisée Terre de Jeux
Avec 32 habitants, Armancourt, dans l’arrondissement de Montdidier, est la plus petite commune française labellisée Terre de Jeux 2024. Si ce titre est surtout honorifique, ce label pourrait faire souffler un vent d’olympisme sur la petite commune. Avec, pourquoi pas ce rêve : emmener tout le village voir une épreuve olympique l’an prochain.

Tout est parti d’une boutade, comme une idée jetée en l’air et qui finalement se concrétise. Depuis le 25 mai, Armancourt, village situé entre Roye et Montdidier, est officiellement la plus petite commune de France labellisée Terre de Jeux 2024 ! Une « fierté » pour la maire Marjorie Delaporte.

« Il y a eu au départ un courrier du département incitant les communes à candidater pour ce label », raconte la maire, d’abord peu convaincue : « En conseil municipal, on n’en voyait pas l’utilité. Et puis en discutant, et comme ça ne coûtait rien, on s’est dit pourquoi pas ! Sur les 32 habitants de la commune, un tiers a moins de 20 ans, ça peut être une opportunité pour eux de profiter de l’événement que représentent ces Jeux olympiques. »

La candidature impliquait de « vendre » l’esprit sportif de la commune. « Là, c’était plus compliqué », reconnaît Marjorie Delaporte (par ailleurs journaliste au Journal de Ham). « Armancourt, c’est une grande rue et quelques maisons autour. Nous n’avons pas de stade, ni de clubs de sports… seulement un projet de terrain de pétanque. »

Un rêve : emmener tout le village voir une épreuve
Mais si on n’a pas d’équipements sportifs à Armancourt, on a des idées : « la commune est traversée par plusieurs chemins de randonnées, on l’a valorisé, tout comme les deux sorties ludiques et sportives qu’on organise chaque année » continue la maire qui a également mis en avant « les valeurs de la ruralité : l’entraide, la solidarité. Ce sont des valeurs qu’on retrouve dans l’esprit de l’olympisme ». Suffisant pour valider leur candidature.

Et qu’apporte ce label ? « Principalement, ça va permettre à la commune d’avoir accès à une billetterie prioritaire en septembre », explique la maire qui caresse le rêve d’emmener tout le village voir une épreuve. « On ne va forcer personne, bien sûr, mais c’est le défi qu’on se lance ! Maintenant, reste à se mettre d’accord sur ce qu’on voudrait voir… » D’après les premiers retours, la compétition de rugby à sept semble séduire dans le village.

Autre avantage, outre le fait de placer la commune sur la carte de France, des fonds pourraient être débloqués… pour financer le terrain de pétanque ! « C’est peut-être possible. Surtout si on décide de baptiser le terrain du nom d’un champion olympique. » Là encore, rien de décidé. « O n choisira tous ensemble si l’occasion se présente. »

« On met Armancourt sur le devant de la scène ! »
En contrepartie, la commune s’engage à faire vivre l’esprit olympique. « On fera ce qu’on peut à notre échelle pour faire vivre cet esprit dans les différentes animations prévues dans l’année. » Plusieurs idées ont déjà été évoquées, comme la réalisation d’anneaux olympiques en ballot de pailles…

Interrogés, les habitants indiquent être fiers de ce label et de cette soudaine renommée. « C’est gratifiant, on montre qu’on est un petit village dynamique », sourit Hélène Thoron, mère de deux enfants. Angélique Grando, mère d’un garçon de 12 ans, renchérit : « Ça nous fait connaître, on montre qu’on existe ! » Audrey Deboom, autre mère de famille du village ajoute : « Pour une fois, on met Armancourt sur le devant de la scène ! »

Même enthousiasme au numéro 1 de la Grande Rue : « On parle de nous en bien même si on n’est pas trop sportif ici », rigole Kenan Becquart, père de trois enfants. Seul Bruno Fremont, qui habite un peu plus haut dans la rue, est dubitatif : « Ça ne va pas changer grand-chose mais pourquoi pas après tout. »

La perspective d’aller voir une épreuve olympique laisse moins indifférent. « Ça donne envie, oui, mais à quel prix ? Si ça reste abordable pourquoi pas », reprend Audrey Deboom qui entrevoit déjà les débats à venir entre son mari, fan de vélo, et son fils, fan de foot. « Si on trouve le temps avec le travail et que les prix restent corrects, oui, ça peut être une belle expérience », ajoute Kenan. Reste à convaincre les autres habitants mais d’après Hélène Thoron, ça devrait bien se passer : « On s’entend bien dans le village et on aime se retrouver. Si on arrive à participer aux Jeux tous ensemble, ça peut être une formidable aventure ! »