L'article suivant est instructif. Encore faut-il avoir la
patience de le lire jusqu'au bout...
Vous verrez comment vous serez amenés, tôt ou tard, à payer une
redevance pour chaque session effectuée sur Internet. Au mieux,
lorsque tous les navigateurs concurrents seront éradiqués, vous
devrez payer très cher le droit d'utiliser le seul qui restera,
c'est-à-dire... Internet Explorer.
Rapide historique
Tout commence en 1975, à Harvard, lorsque Bill Gates et
Paul Allen écrivent un langage de programmation (un
interpréteur BASIC) pour le tout premier micro-ordinateur: l'Altair.
Ils décident alors d'arrêter leurs études pour fonder leur
société: Microsoft. Bill Gates rêve alors que chaque foyer est
équipé d'un micro-ordinateur faisant fonctionner les logiciels
Microsoft.
À la fin des années 1970, le marché des micro-ordinateurs
décolle grâce à Apple et son Apple II. IBM, qui
règne alors en maître avec ses gros ordinateurs, décide de créer
son propre PC pour mieux faire mourir ce marché naissant. Mais
IBM a besoin d'un système d'exploitation pour son nouveau
produit.
En 1980, le géant demande donc à Digital Research, le
numéro 1 des systèmes de l'époque. Mais celui-ci refuse. Big
Blue se tourne alors vers une toute petite société connue
pour son BASIC: Microsoft. La firme de Bill Gates n'a pas, à ce
moment, de système d'exploitation, mais elle en achète un,l'améliore
et le propose à IBM: c'est MS-DOS. Et Microsoft prend IBM
au piège: Gates refuse de lui fournir les sources de son
logiciel.
De 1981 à 1983, Microsoft tente de convaincre les constructeurs
de compatibles PC d'utiliser également son système. Et ça
marche. Finalement, en 1985, MS-DOS est le système de millions
de compatibles PC. Il est désormais impossible pour Big Blue
de se débarrasser de Microsoft.
Imposer son système
Grâce à sa position, Microsoft va pouvoir bénéficier d'une rente
pendant plus d'une dizaine d'années. En effet, à chaque fois
qu'un constructeur vend un PC équipé de MS-DOS (et plus tard de
Windows), Microsoft touche des royalties.
Seulement voilà, Digital Research veut une partie de ce marché
et propose son propre système : DR-DOS. Celui-ci est
compatible avec celui de Microsoft mais apporte plus de
fonctionnalités. D'ailleurs, à chaque fois qu'une nouvelle
version de DR-DOS apparaîtra, Microsoft inclura une partie des
innovations de son concurrent dans MS-DOS et cassera le prix de
son système.
Ainsi, quand DR-DOS 5.0 sort en avril 1990, il est
beaucoup plus performant que MS-DOS. Microsoft annonce alors que
MS-DOS 5.0 fournira les mêmes fonctionnalités. Et c'est
ainsi que les ventes de DR-DOS restent figées, les clients
attendant la sortie de MS-DOS 5. Mais celui-ci ne sort qu'un an
après. Ce type de logiciel, qui est annoncé mais qui met très
longtemps à venir, est appelé "vaporware - logiciel
vapeur", et est très souvent utilisé par Microsoft pour se
débarrasser de la concurrence.
Mais Bill Gates est plus intelligent encore. Il propose aussi
aux constructeurs de payer beaucoup moins cher son système si
ceux-ci s'engagent à payer Microsoft au nombre de PC vendus, que
MS-DOS soit fourni avec le PC ou non. Conséquence : pourquoi un
constructeur livrerait DR-DOS avec ses PC alors que cela
représente un coût supplémentaire ? De même, d'après Business
Week, un constructeur avait fait partà Microsoft de son
intention de livrer 10% de ses machines avec DR-DOS, et les 90%
restants avec MS-DOS. Ce constructeur changea de décision
lorsque la firme de Gates menaça de multiplier par deux le prix
de MS-DOS.
Grâce à ces méthodes plus ou moins légales, Microsoft impose son
système et en profite pour amasser un joli butin.
Microsoft devient numéro 1...
En 1983, alors qu'Apple fignole son Macintosh, premier
ordinateur personnel basé sur une interface WIMP
(Windows, Icon, Mouse, Pull-down menus : fenêtres, icônes,
souris et menus déroulants), Microsoft annonce Windows
avec 2 ans d'avance, paralysant ainsi plus ou moins ceux qui
auraient l'idée de sortir un produit équivalent ! Et Bill rêve
d'imposer son interface graphique aux PC: "Fin 1984, Windows
tournera sur près de 80% des PC".
Mais lors de sa sortie en... 1985, la première version de
Windows connaît un flop monumental, comme d'ailleurs toutes les
autres interfaces pour PC de l'époque. Même résultat en 1987
avec Windows 2.0 : certains cadres de Microsoft
souhaitent même abandonner le produit... Mais Bill persévère, et
Windows 3.0 connaît enfin le succès en 1990.
Microsoft en profite pour devenir le leader du logiciel. En
effet, lors de la sortie de Windows 2.0, les deux grands du
logiciel que sont alors Lotus (avec son tableur 1-2-3)
et WordPerfect (avec son traitement de texte du même nom)
pensent que Windows ne marchera jamais. Et ils n'ont alors pas
de produit concurrent à Word et Excel de Microsoft
lorsque sort Windows 3...
Un autre avantage pour Microsoft est qu'il est plus facile
d'écrire les applications pour son propre système que pour celui
de quelqu'un d'autre. «Il n'y a aucune séparation ici, juste une
énorme compagnie» rappelle Gates. Ce qui permet donc à Word et
Excel de fonctionner mieux que les logiciels concurrents.
Pourquoi? Tout d'abord parce que les équipes de Microsoft
disposent immédiatement des informations nécessaires, et ensuite
parce qu'elles peuvent utiliser des fonctionnalités de Windows
(les API) cachées.
Bien que Microsoft démente, de nombreux éditeurs de logiciels se
plaignent que la firme de Bill Gates utilise ainsi des
fonctions non documentées. Dans son livre Undocumented
Windows, Andrew Schulman, un expert en programmation, prouve
l'existence de telles fonctions et donc que Microsoft ment.
Finalement, le géant accorde que Word et Excel utilisent des
fonctions qui ont été cachées dans Windows.
...Et tous les moyens sont bons pour le rester !
Windows 3 nécessite toujours le système DOS pour
fonctionner. Novell, qui détient 70% du marché des
systèmes d'exploitation pour réseaux d'ordinateurs, rachète
Digital Research en 1991 et devient donc un concurrent de
Microsoft avec DR-DOS.
Microsoft ajoute des petits bouts de code dans Windows 3.1 pour
que celui-ci vérifie s'il fonctionne bien avec le DOS de
Microsoft. Les utilisateurs de DR-DOS obtiennent un message leur
expliquant que leur système n'est pas compatible :
Warning: This Microsoft product has been tested and
certified for use only with the MS-DOS and PC-DOS operations
systems. Your use of this product with another operating system
may void valuable warranty protection by Microsoft on this
product.
Pourtant DR-DOS est bel et bien compatible avec Windows !
Mais celui-ci est à nouveau mis hors course.
Toujours au début des années 90, apparaissent les ordinateurs
sans clavier, utilisables avec un stylo. Une toute petite
société, Go Corporation, sort alors un système
d'exploitation pour ce type de machine.
Microsoft, expliquant vouloir développer des applications pour
ce système, effectue un rapprochement avec Go et en
profite pour examiner leur logiciel. Finalement, Microsoft dit
ne pas être intéressé. Pourtant, quelques temps après, la
société de Gates développe son propre système Pen Windows...
Et une partie des programmeurs ayant examiné le système de Go
se retrouve comme par hasard dans l'équipe de conception!
L'innovation façon Microsoft
En 1993, une des grandes nouveautés de MS-DOS 6.0 est la
compression de disques. En fait, le procédé n'est pas nouveau
puisqu'une toute petite société du nom de Stac Electronics
commercialisait déjà son logiciel Stacker. C'est
d'ailleurs ce logiciel que Microsoft souhaite inclure dans son
système. Mais l'accord que propose le géant n'est pas à
l'avantage de Stac et celle-ci refuse.
Pourtant, c'est bien la technologie de Stacker qu'on
retrouve dans le logiciel DoubleSpace livré avec MS-DOS
6.0 ! Non seulement, Stac Electronics s'est fait voler sa
technologie, mais en plus, l'intégration du logiciel de
compression de disque dans le système a fait disparaître son
marché: aujourd'hui, Stacker n'existe plus. Heureusement
pour Stac, ils ont remporté leur procès contre le géant
et gagné quelque 120 millions de dollars, ce qui leur a permis
de se tourner vers d'autres marchés.
Du côté des applications, il manque à Microsoft un élément
important à côté de son traitement de texte et de son tableur:
les bases de données. Pour combler ce manque, Microsoft rachète
donc la compagnie Fox Software et son système de gestion
de base de données Fox Pro. Mais celui-ci est plus adapté
aux développeurs qu'au "grand public". C'est pour cela que
Microsoft réalise Access.
Après un rapprochement avec Novell (où il était même
question que Microsoft rachète ce dernier), le spécialiste du
système d'exploitation réseau dépose plainte : du code de Novell
aurait été copié sans autorisation par Microsoft dans Access.
Bien que la firme de Gates nie, le code incriminé est supprimé
d'Access. Enfin, afin de gagner la plus grosse part de marché
possible, Microsoft vend Access lors de sa sortie avec une
réduction de 86% de son prix normal, ce que seul Microsoft peut
se permettre de faire grâce à l'argent accumulé avec MS-DOS et
Windows. Évidemment, Fox Pro disparaît, puis est remplacé
par Visual Fox Pro, un produit Microsoft.
Les systèmes changent, les méthodes restent
En 1993, Microsoft annonce Windows 4.0. La nouvelle
version de son logiciel vedette est attendue pour le printemps
1994 et, entre autres nouveautés, elle se passe désormais de
MS-DOS. En fait, lorsque Windows 4 (rebaptisé Windows
95) sort enfin au milieu de l'été... 1995, celui-ci utilise
toujours MS-DOS. Mais cette fois-ci, les deux logiciels
sont intégrés. Non seulement, Microsoft a encore une fois menti,
mais en plus, tout comme l'intégration de DoubleSpace
dans MS-DOS 6 avait fermé le marché du logiciel de
compression de disque, le marché du DOS disparaît.
C'est pourquoi aujourd'hui, Caldera, le nouveau
propriétaire de DR-DOS (dont la dernière version
fonctionne parfaitement avec Windows 95), intente un
procès à Microsoft :
la firme de Bill Gates fait disparaître ses concurrents
potentiels en intégrant les logiciels à son système et en
rendant donc inutile toute concurrence.
Quant à son système d'exploitation destiné aux entreprises,
Windows NT, Bill Gates en présente deux versions différentes
à des prix forts différents : Windows NT Workstation,
dédié au poste de travail, et Windows NT Server, pour les
serveurs de réseaux. En fait, il n'existe aucune différence
technique entre les deux versions : c'est le système lui-même,
au moment du démarrage, qui détermine de quelle version il
s'agit. Microsoft fait donc croire qu'il vend des logiciels
différents, alors que seules les licences d'utilisation
diffèrent. Dans ce cas, ce n'est pas du mensonge, mais de la
désinformation.
La course à l'Internet
Si Windows 95 sort avec du retard, c'est en partie à
cause de Microsoft Network. Depuis 1993, Microsoft
développe son propre réseau informatique mondial à l'image d'America
Online ou Compuserve. Mais la firme de Gates est tellement prise
par son projet qu'elle ne voit pas arriver le réseau des réseaux
: Internet.
Ce n'est qu'à partir de mai 1995 que Microsoft s'intéresse enfin
au Réseau. Le problème est qu'une toute jeune société du nom de
Netscape Communications a déjà pris la place du géant :
son logiciel de navigation Navigator représente alors 70%
du marché. De plus, Navigator fonctionne non seulement
avec Windows, mais aussi sur le Macintosh et sous UNIX, si bien
qu'il représente une menace pour Microsoft. Windows n'est plus
indispensable pour accéder à Internet !
Microsoft propose alors un accord à Netscape : partager
le marché du navigateur entre les deux sociétés. D'un côté,
Microsoft est le seul fournisseur pour Windows, de l'autre,
Netscape est le seul pour les autres machines. Mais Netscape
refuse cet accord. À la fin de 1995, Microsoft sort son propre
navigateur Internet Explorer. Et là, grande nouveauté :
alors que Bill Gates nous avait habitués à des logiciels souvent
très chers, Internet Explorer est gratuit ! Il est
même intégré à la version de Windows 95 que Microsoft fournit
aux constructeurs. Mais Internet Explorer 2 reste loin
derrière Navigator 2.
En 1996, Bill Gates prévoit de consacrer 1 milliard de
dollars en recherche et développement pour les logiciels
consacrés à Internet. Cette somme est à comparer aux 2,8
milliards dépensés en 20 ans pour cette même recherche :
Internet intéresse donc très fortement Bill ! Finalement,
Internet Explorer 3 rattrape Navigator 3. Et pour imposer son
navigateur, Microsoft le distribue partout où il le peut: sur
son site Web bien sûr, mais aussi avec sa suite bureautique
Office et d'autres logiciels grand public comme le pack
Home Essentials.
Imposer son navigateur grâce à son système
Mais le meilleur moyen d'imposer son navigateur, c'est encore
Windows. Microsoft a aujourd'hui le quasi monopole des systèmes
avec près de 90% de parts de marché. Depuis août 1996, la
version de Windows fournie par Microsoft aux constructeurs
installe donc automatiquement Internet Explorer 3.0. Et
les constructeurs qui souhaitent le désinstaller pour le
remplacer par son concurrent sont menacés par Microsoft : ils
risquent de perdre la licence de Windows ! Et par conséquent,
tous leurs clients.
Pourtant, en 1995, Microsoft avait signé un accord avec le
Département américain de la Justice où le géant s'engageait
à ne pas forcer les constructeurs à vendre Windows avec ses
autres logiciels.
C'est donc en vertu de la loi antitrust que la justice
américaine demande à Microsoft à la fin de l'année dernière de
ne plus imposer Internet Explorer aux constructeurs. Mais pour
Microsoft, le logiciel de navigation fait maintenant partie
intégrante du système. Pour preuve, la société de Bill Gates
propose désormais aux constructeurs: soit la version d'origine
de Windows 95 (datant d'août 1995 et ne reconnaissant donc pas
les tout derniers matériels), soit la dernière version avec
Internet Explorer, soit la dernière version sans Internet
Explorer...
Mais cette dernière ne démarre même pas ! Le procès sur
l'intégration d'Internet Explorer dans Windows 95 est
aujourd'hui en appel. Même si Microsoft perd ce procès, la firme
pourra s'en moquer puisque dans trois semaines doit sortir une
nouvelle version de Windows 98 (qui, lui, échappe à ce
procès), avec pour principale nouveauté la fusion complète
du navigateur dans l'interface de Windows (et la compatibilité
an 2000).
Et cette fois-ci, il ne sera plus du tout possible de
désinstaller après coup Internet Explorer pour le remplacer par
Navigator ou un autre navigateur. Rappelez-vous ce qui est
arrivé à Stacker et DR-DOS. Bill Gates pourra
étendre son monopole aux logiciels de navigation.
Le monopole de Microsoft ?
Voilà pourquoi, le 15 mai 1998, Bill Gates a été obligé de
négocier avec Janet Reno, le ministre américain de la
Justice, ainsi que les ministères publics d'une vingtaine
d'états. Sous peine d'un procès pour pratiques
anticompétitives et exclusives, [ces pratiques] ayant pour but
de conforter son monopole sur les systèmes d'exploitation des
ordinateurs personnels et d'étendre ce monopole aux logiciels de
navigation d'Internet.
Janet Reno a demandé à Gates: soit de retirer purement et
simplement Internet Explorer de Windows 98, soit d'intégrer
également Netscape Navigator ainsi qu'un troisième navigateur.
Bill Gates ayant bien sûr aussitôt abandonné les négociations,
une importante action antitrust a donc été ouverte contre les
pratiques de Microsoft.
Ces pratiques n'ont pas uniquement pour but d'avoir le monopole
sur le logiciel de navigation. C'est le contrôle d'Internet
tout entier qui est visé. Or Internet doit devenir le
principal média d'accès à l'information du prochain siècle...
On peut donc s'attendre au pire...
Le poids d'Internet
En effet, Internet ne permet pas seulement d'envoyer du courrier
électronique ou de jouer avec ses amis à l'autre bout du monde.
Dès aujourd'hui, il est possible de s'informer grâce aux
journaux en ligne, de commander n'importe quel type de produit
grâce au commerce électronique, ou encore de gérer son compte en
banque... Demain, il y aura la télévision interactive: vous
n'aurez qu'à choisir un film sur votre écran pour que celui-ci
traverse le réseau et soit joué sur votre télévision. De même
pour la musique: il suffira de cliquer pour écouter le dernier
tube. Il sera même possible de commander son four à micro-ondes
ou sa cafetière électrique à travers le réseau...
Et bien maintenant,imaginez ce qu'il se passerait si Microsoft
avait le monopole sur Internet.
- Tout d'abord, Internet Explorer ne serait plus
gratuit : étant le passage obligé pour accéder à
l'information, et n'ayant plus aucun concurrent, Bill Gates
ne va pas laisser passer une taxe aussi formidable.
- Le péage : Il ne va pas oublier non plus de faire
payer la moindre information récoltée, même si celle-ci a
été montée de toutes pièces par son agence de presse, ni les
films ou les musiques pour lesquels il détient tous les
droits.
- Les achats : Quant aux achats, il faut bien les
payer... avec le système bancaire de Microsoft bien sûr.
- Essayer de frauder ? : Ni pensez même pas: chaque
nuit, votre ordinateur est contrôlé à distance et Windows
envoie très docilement le nom de chaque logiciel piraté se
trouvant sur votre disque, de même que chaque document dont
vous ne possédez pas les droits.
Science-fiction? Plus pour très longtemps peut-être...
Remplacer les standards... Comment Microsoft peut-il contrôler
Internet ?
Tout d'abord en contrôlant l'accès grâce à Internet Explorer.
Ensuite, en remplaçant les protocoles de communication utilisés
actuellement sur Internet et connus de tous les informaticiens,
par des protocoles propriétaires. Et cela, la firme de Bill
Gates le met en place en ce moment, par exemple, grâce à
ActiveX, ou encore en modifiant
Java.
- ActiveX : est une technologie de Microsoft
permettant d'incorporer dans les pages Web des programmes
téléchargés et exécutés par le navigateur. Mais ActiveX
oblige les utilisateurs à consulter les sites contenant de
tels programmes avec Windows. Basés également sur ActiveX,
les Active Documents sont visualisés à partir du
navigateur et apportentl'interactivité. Dans la masse des
documents disponibles, la distinction entre eux et les
documents classiques n'est plus possible et, petit à petit,
Microsoft peut imposer sa norme.
- Java : est un langage de programmation créé en
1995 par la société Sun Microsystems. Son principal
atout est la portabilité: un programme écrit en Java
fonctionne aussi bien sous Windows, que sur un Macintosh ou
sous UNIX. Cet atout est aussi une menace pour Windows : le
système d'exploitation n'est plus capital grâce à Java.
Pour supprimer tout risque, Microsoft essaie de
neutraliser Java en sortant des outils de développement
ajoutant des fonctionnalités de Windows à Java: ainsi les
programmes Java ne fonctionnent plus que sous Windows
...Et proposer son propre contenu
Une fois les problèmes techniques réglés, reste le contenu. Pour
cela, Bill n'a pas attendu que la première étape soit terminée.
En ce qui concerne l'information, Microsoft a déjà créé son
propre journal en ligne, Slate, dont la moindre
information était payante, lors de sa sortie (contrairement à
Libération par exemple) est redevenu gratuit... pour le
moment.
Mais ce n'est pas tout : Gates s'est associé avec la chaîne
américaine NBC pour créer MSNBC une nouvelle
chaîne de télévision. Les loisirs ne sont pas en reste: Monsieur
Gates a signé des accords avec des sociétés comme Dreamwork
SKG, sans oublier qu'il est l'heureux possesseur du Codex
de Léonard de Vinci et, plus récemment, de l'agence de photos
Sygma, intégrée dorénavant à Corbis.
Les achats, vous pouvez les faire dès aujourd'hui sur eShop,
site composé de 40 "boutiques" allant de la livraison de fleurs
au dépannage... Quant aux cartes bleues, les cartes Visa
et Mastercard sont bien sûr acceptées puisque ces
sociétés travaillent avec Microsoft.
Et enfin, grâce à la technologie OnNow de Microsoft,
votre ordinateur peut être réveillé n'importe quand. Vous
n'aurez même plus besoin de cliquer sur Enregistrement en
ligne, comme c'était le cas avec les versions Bêta de
Windows 95, pour que la liste des applications installées sur
votre PC soit envoyée à Microsoft...
Des méthodes de secte
Pour que le plan de Microsoft fonctionne parfaitement, il faut
encore que personne ne puisse échapper au géant. Et pour cela,
Bill veille sur nous. Aujourd'hui, à cause du passage à l'an
2000, à l'Euro, et à Internet, le monde manque d'informaticiens.
Ici, il en manquerait 5000. C'est pour cela que Microsoft
propose son programme Compétences 2000 : pour former 10
000 personnes d'ici à l'an 2000 à des "produits chaque jour
plus répandus, notamment Microsoft Windows NT et les
applications serveurs de Microsoft BackOffice". En
particulier, pour les CEGEPS, universités et Écoles
d'Ingénieurs, Microsoft veut "mettre en Ïuvre des cycles de
formation complémentaires [qui] permettent d'obtenir une
qualification (Microsoft Certified Profesionnal)".
Ces citations ne sont pas de simples mots en l'air: beaucoup
d'universités ont déjà commencé à dispenser à leurs étudiants
des cours pour obtenir la qualification MCP. Aux
États-Unis, certaines universités sont encore plus avancées dans
le processus. L'Université de l'Etat de Californie, qui regroupe
350000 étudiants sur 23 campus, dispense ainsi des cours
d'informatique propriétaire qu'il est impossible de suivre sans
disposer des logiciels Microsoft.
En ne formant ainsi les étudiants qu'aux logiciels de Bill
Gates, les futurs cadres et techniciens ne connaîtront alors que
les logiciels Microsoft lorsqu'ils arriveront sur le marché du
travail.
Et nos dirigeants dans tout cela ?
Ils laissent faire... lorsqu'ils ne l'encouragent pas ! Comme
l'a montré IBM en sous-traitant le système du PC à
Microsoft, les conséquences des choix, en informatique,
demeurent très longtemps... Il est regrettable que les
gouvernements aient choisi une société étrangère en position de
monopole quand ils disposent de sociétés ayant une technologie
aussi bonne, sinon meilleure.
Conclusion
La plainte déposée par le gouvernement américain contre le géant
du logiciel va très certainement donner naissance à un procès
très long et très cher. Curieusement, on ne semble pas
s'intéresser au problème du monopole de Microsoft.
Pourtant, la seule solution disponible pour lutter contre Bill
Gates à l'heure actuelle est l'information des pratiques de
cette société et de son but, à savoir gagner le maximum d'argent
par n'importe quel moyen, y compris des moyens illégaux.
Sources
- Overdrive, Bill Gates and the race to control
cyberspace, James Wallace, John Wiley & Sons, New York, 1997
- Piège dans le cyberespace, Roberto Di Cosmo, Multimédium,
17 mars 1998
- De quoi Microsoft est-il vraiment coupable?, Anne Pichon
et Patrick Zémour, Science et Vie Micro 157, Février 1998
- La culture de Microsoft, Laurent Poulain, LDH, 13
octobre 1997
- Les divers articles parus dans le dossier de Libération.
Texte original de Philippe Sidler