(Marie-Dominique NOURTIER née CAUDRON)
Je suis née le 12 novembre 1946 à AMIENS, c’était un mardi, et la petite dernière d’une nichée de 5 filles au désespoir de PAPA qui nous appelait les pisseuses…..
D’après Armelle ma 2ème sœur, grand-mère avait fait cuire ce jour là des harengs c’est un souvenir qu’elle n’a pas oublié. (Je suis une enfant du baby boum, appellation donnée aux enfants nés après la guerre de 1939-1945, vu le nombre de naissances enregistré à cette époque).
Parlons de mes sœurs, Monique l’aînée 16ans de différence avec moi je n’ai pas beaucoup de souvenirs d’elle étant petite, Armelle 12 ans de différence un peu de souvenance mais elle a quitté la maison à 18 ans (papa l’a mise à la porte car elle fréquentait Paul Boucault qui était marié et père de famille, ce fut un scandale à cette époque), ensuite Claudine six ans de plus que moi c’est elle qui m’a pour ainsi dire élevé car j’ai été gravement malade à 3 ans atteinte de la fièvre typhoïde je ne parlai plus, elle m’a réappris à parler, ce fut ma sœur préférée –elle m’appelait « Coco » et moi je la surnommais « Didine » hélas le destin l’a frappé à 32 ans ainsi que son mari Jacques et sa fille Caroline , ils ont été victimes d’un accident mortel routier par un lundi , le 30 octobre 1972, quel terrible drame laissant un enfant de 7 ans handicapé à vie-, enfin Michèle 3 ans de différence, d’après elle j’étais la petite gâtée on m’appelait « la poupée de porcelaine » il ne fallait pas me brutaliser !!!! - les trois dernières filles avons passé notre enfance ensemble.
Ce fut une enfance heureuse, nous habitions une maison 341 rue Saint Honoré à AMIENS avec un grand jardin, Papa exerçait la profession de Comptable Agréé, profession libérale, c’était pour installer ses bureaux qu’il avait acheté un petite maison à côté, je revois les bureaux, il y avait celui des employés, ils étaient 2 et l’autre côté, le bureau de Papa était assez impressionnant, avec le téléphone, il recevait ses clients dans ce bureau. Les samedis Jean HALLOT et Henri MALOIGNE venaient travailler, ils préparaient un diplôme de comptabilité et au fil des ans, ils se sont liés d’amitié, que de parties de pêche ensemble, de pique-nique, des parties de manille chez l’un ou l’autre jusqu’à la mort de Papa en 1965 (Micheline la femme de Jean HALLOT est décédée huit jours avant PAPA) - Jean HALLOT suivait les cours de comptabilité que donnaient PAPA à la Société Industrielle rue Lamartine à AMIENS, c’était des cours du soir, il y en a eu du monde à ces cours dans les années 50-60 ; d’ailleurs c’est là que Monique et Jacques se sont rencontrés (j’ai aussi suivi des cours du soir de sténotypie en 1964, j’avais Mme COUINEAU directrice de l’Ecole ROBERT LEDOUX comme professeur.
Un peu plus tard, Jean pour m’embêter m’avait surnommé « Pigeon paon « et moi je l’appelais « chl’intfernal » tellement il me faisait enrager.
LA MAISON
(341-343 rue Saint Honoré à AMIENS (80)
Actuellement rue Jean Moulin
C’était une maison type Amiénoise, un long couloir, le bureau de Papa à droite, la salle à manger, dans le fond la cuisine avec une cuisinière à charbon sur laquelle mijotaient des ragoûts, Maman faisait des gaufres avec un gaufrier en fonte noir, elles étaient bonnes !
A côté de la cuisine il y avait une véranda avec une volière que Papa avait fait , il était bricoleur, d’ailleurs il avait construit une caravane en bois avec l’aide de Jean HENRY chaisier à BROCOURT, nous avons dû peut-être camper 2 ou 3 fois avec cette caravane.
Après la cuisine à l’extérieur il y avait une buanderie, les toilettes il ne fallait pas s’y attarder, l’hiver il y faisait froid, ce n’était pas chauffé et après un abri sombre où nous entreposions nos jouets dans des caisses et où nous jouions quand il faisait mauvais, il y avait des cages à lapin, il n’y avait plus de lapins quand j’étais petite, ils avaient dû être mangés depuis longtemps !
Au premier étage, il y avait la chambre des parents qui donnait sur la rue, derrière celle d’Armelle, par la suite ce fût celle de Claudine, au bout c’était la salle de bains et oui une salle de bains dans les années 40 c’était un luxe… puis au dessus du bureau des employés c’était ma chambre que je partageais avec Michèle nous dormions dans le même lit, nous devions avant d’aller nous couchait réciter nos prières à genoux, couchait aussi dans la chambre quand elle venait aider Maman pour la couture ,la cousine de Maman que l’on appelait Marraine car elle était la Marraine de Claudine, elle habitait à Saint Just en Chaussée . Son nom était Charlotte BOULET née CANDELOT ; elle est décédée en 1962.
Je l’aimais bien malgré que nous la faisions tourner en bourrique ; ce qui ne l’empêchait pas
De nous prendre chez elle en vacances l’été, nous y restions une semaine.
Et il y avait encore un étage, là c’était le grenier, j’avais un peu la trouille d’y aller toute seule, il y avait des malles remplies de vieux vêtements, des tas choses et un masque à gaz datant de la guerre de 1940 qu’Armelle se faisait un plaisir de porter pour faire peur à ses petites sœurs.
Enfin il y avait la cave, pas très rassurée pour y aller seule, on entreposait le charbon, les bouteilles de vin, les pommes de terre pour l’hiver, un garde-manger à l’entrée pour garder les aliments, il n’y avait pas de réfrigérateur.
J’ai oublié une pièce, je l’appelai la pièce aux fantômes, elle était située à côté du bureau des employés, je crois qu’elle servait aux archives pour les livres de comptabilité, je me souviens qu’à l’approche de Noël toutes les trois nous descendions de la chambre qui était au-dessus du bureau pour aller voir dans cette pièce les jouets que les parents avaient caché… ce n’était plus une surprise pour le matin de Noël…(je me souviens avoir reçu pour les Noëls des beaux jouets, je pense que j’ai été la plus gâtée étant la petite dernière).
Il y avait les œufs de Pâques. Le jour de Pâques nous nous levions tôt, prenions des paniers et courrions dans le jardin, c’était la course pour le ramassage des œufs, ils étaient bien cachés.
Ce jour là aussi nous rangions nos vêtements d’hiver pour sortir ceux de printemps, la belle saison arrivait.
Et puis il y avait une cour, nous jouions au ballon, à la marelle, elle était grande puisqu’elle
Il faut dire aussi que nous n’avions pas le chauffage central, aussi l’hiver avant d’aller nous
coucher, nous prenions une brique qui avait chauffé dans le fourneau de la cuisinière pour la mettre dans le lit, le matin quand il faisait très froid les carreaux étaient tout givrés…. regroupait les deux maisons, sur le mur on lançait des balles et l’hiver dans le ruisseau on s’amusait à glisser dessus, c’était celle qui irait le plus loin.
A cette époque, il n’y avait pas la télé, soit on lisait, on jouait aux cartes, on écoutait la TSF, le poste était installé sur un meuble de la cuisine, par la suite papa nous a acheté un tourne-disques ou électrophone nous pouvions alors écouter les chanteurs à la mode (PIAF, TRENET BECAUD et autres chanteurs de cette époque) et le dimanche de temps en temps on allait au cinéma, dans les campagnes c’était la veillée au coin du feu où l’on racontait sa journée de travail, les divers cancans sur les voisins, la famille etc…
Maman nous racontait souvent ce qu’elle avait vécu durant la guerre de 1939-40, ces récits me faisaient frissonner.
Pour entretenir cette maison et vu la famille nombreuse, une femme de ménage venait aider Maman, elle s’appelait Madame SAUVANET, que de souvenirs elle m’a laissés !!! Je m’amusais à dénouer son tablier, à cacher ses chiffons, mais peut-être étais-je sa préférée ! Car tous les jeudis elle m’emmenait manger chez elle, elle habitait rue du Général Friant , et elle me faisait manger du lapin en me faisant croire que c’était du poulet car à ce qu’il paraît je n’aimais pas le lapin, pour nourrir ses lapins, elle avait un bout de terrain en friche un peu plus loin que la maison, nous allions Michèle et Moi l’aider à faucher un peu d’herbe. Je me souviens de l’odeur des roses sauvages dans la haie que c’était agréable ! Et à chaque anniversaire elle me faisait un cadeau, soit des mouchoirs, un livre, j’étais contente.
C’est dans la buanderie que se faisait la lessive, pas de machine à laver à cette époque, aussi Madame LEBLOND venait tous les mardis faire la lessive, il y avait une lessiveuse qui chauffait sur un réchaud monté sur trépieds, une planche à laver, on mettait le linge sale dessus et on le lavait avec une brosse, en plus on amidonnait les chemises d’hommes, c’était un g ros travail, ce jour là elle restait manger à midi je me souviens que nous mangions du foie de porc avec de la purée, quelquefois nous l’accompagnions chez elle, elle habitait une petite maison rue d’Elbeuf, elle est décédée d’un cancer des os, je la revoie sur son lit de mort.
Nous avons habité cette maison jusqu’en 1956. Pour des raisons professionnelles Papa a voulu déménager et a acheté une maison en plein centre d’Amiens, 14 Bd d’Alsace Lorraine, c’était une grande maison amiénoise de 2 étages. De nombreuses pièces dont 2 principales pour les bureaux, véranda avec de beaux vitraux qui servait de pièce d’archives pour les livres de comptabilité, ensuite la cuisine, arrière-cuisine, buanderie au rez-de-chaussée. Au premier, salle de bains, boudoir, salle à manger, chambre des parents. Au second étage, ma chambre que je partageais avec Michèle et celle de Claudine avec un cabinet de toilettes. Et au dessus un grenier avec des mansardes, Papa m’en avait aménagé une pour faire une maison de poupées, j’ai beaucoup joué dans cette mansarde malgré que j’appréhendais de monter dans
le grenier, je croyais qu’il y avait un voleur qui m’attendait.
Il y avait plusieurs caves, dont une voûtée avec des graffitis sur les murs faits sûrement pendant la guerre, dans l’une des caves on y entreposait les bouteilles de vin, papa aimait bien avoir de bonne bouteilles.
Il y avait une petite cour, et un garage avec atelier qui donnait rue du Vivier.
Je n’ai pas beaucoup de bons souvenirs de cette maison à part qu’elle était située tout près du
Pour le repassage, on utilisait des fers en fonte de différentes formes - suivant le travail à effectuer - que l’on chauffait sur la cuisinière, pour les grosses pièces (draps, rideaux, nappes) on allait les porter à repasser chez une vieille dame qui habitait un peu plus haut dans une rue qui faisait cité, toutes les maisons étaient pareilles.
Pour la couture, comme je l’ai dit précédemment, c’était Marraine qui venait, elle était couturière de métier, qu’est-ce qu’elle a pu nous faire de robes, et aussi des porte-aiguilles en forme de chat que j’ai toujours, souvent Michèle et moi étions habillées pareilles ! Grand-mère s’occupait de reprisage, ce n’était pas du gaspillage en ces temps là !
On reprisait les chaussettes, les torchons, les draps et autres.
Nous avons habité cette maison jusqu’en 1956. Pour des raisons professionnelles Papa a voulu déménager et a acheté une maison en plein centre d’Amiens, 14 Bd d’Alsace Lorraine, c’était une grande maison amiénoise de 2 étages. De nombreuses pièces dont 2 principales pour les bureaux, véranda avec de beaux vitraux qui servait de pièce d’archives pour les livres de comptabilité, ensuite la cuisine, arrière-cuisine, buanderie au rez-de-chaussée. Au premier, salle de bains, boudoir, salle à manger, chambre des parents. Au second étage, ma chambre que je partageais avec Michèle et celle de Claudine avec un cabinet de toilettes. Et au dessus un grenier avec des mansardes. Papa m’en avait aménagé une pour faire une maison de poupées, j’ai beaucoup joue dans cette mansarde malgré que j’appréhendais de monter dans le grenier, je croyais qu’il y avait un voleur qui m’attendait.
Il y avait plusieurs caves, dont une voûtée avec des graffitis sur les murs faits sûrement pendant la guerre, dans l’une des caves on y entreposait les bouteilles de vin, papa aimait bien avoir de bonne bouteilles.
Il y avait une petite cour, et un garage avec atelier qui donnait rue du Vivier.
Je n’ai pas beaucoup de bons souvenirs de cette maison à part qu’elle était située tout près du centre ville.
Mon dernier souvenir, c’est le bureau de Papa recouvert de tentures noires et le cercueil dans le milieu, c’était le 2 Mars 1965.
Après le décès de Papa, étant mineure âgée de 18 ans- la majorité était de 21 ans- j’ai dû me faire émanciper, ayant Maman comme tutelle jusqu’à ma majorité, avec cette émancipation elle a pût vendre la clientèle et la maison, puis acheté une maison à CAGNY, 32 rue Latapie, c’était une petite maison avec un jardinet, j’y ai vécu 5 ans jusqu’à mon mariage le 27 Juin 1970.
LE JARDIN DE MA JEUNESSE
Que j’ai aimé ce jardin. Il était tout en longueur. En bas à gauche il y avait une tonnelle que papa avait construite, elle était recouverte de vigne vierge, de clématites, c’est là que l’on jouait à la dînette, à la marchande et d’autres jeux, à droite des arbustes comme seringat, boule de neige, lilas, rosiers grimpants et autres arbres d’ornement, ensuite beaucoup de massifs de rosiers et enfin le cerisier, qu’est-ce que l’on a pu cueillir de cerises, elles étaient noires, c’était un régal ! Ensuite après la haie de troènes, à droite un carré de légumes, de l’autre côté l’abricotier qui donnait des gros fruits juteux, et sur lequel Michèle se faisait un plaisir de monter avec un livre, c’était son endroit préféré. Nous ramassions à cet endroit des hannetons (on n’en voit plus maintenant) et les mettions dans des boîtes, pourquoi, je ne sais pas ! peut-être parce que cela faisait du bruit.
En montant l’allée on arrivait à une sorte de massif rond, je crois qu’il y avait un poteau électrique dans le milieu, une serre (châssis) d’un côté, de l’autre un prunier (un reine Claude)
Toujours en montant, de chaque côté des légumes, un grand carré de fraisiers, on se régalait, et au beau milieu un cerisier bigarreau Napoléon, on les mangeait avant les merles.
Par la suite on a remplacé les légumes par du gazon.
Tout le long de l’allée, Papa avait planté des poiriers et des pommiers en espalier.
Enfin on arrivait en haut du jardin, où était le garage, je pense que c’est Papa qui l’avait construit, l’hiver il se mettait à l’intérieur avec une carabine et tirait sur les grives et les sansonnets, je n’aimais pas beaucoup cette chasse.
Sur le côté du garage, il y avait un mur sur lequel poussaient quelques noisetiers.
Et la grille qui donnait chemin des Hayettes, chemin qui menait à une cité de baraquements pour reloger les gens après la guerre de 1940, ce n’était pas très fréquentable, on passait devant vite fait, ce chemin menait dans les champs et jusqu’à l’hôpital PINEL, maintenant tous ces terrains sont construits.
Nous étions souvent à la grille de ce chemin car Claudine avait une copine qui habitait une petite maison juste en face du garage elle s’appelait Claudette OSSART, Papa n’aimait pas cette fréquentation, la famille était d’un milieu ouvrier, aussi c’était souvent des disputes.
(Claudette avait fait un beau mariage, elle s’est mariée avec un chirurgien dentiste, fils d’un huissier de Justice, Me MASCLEF, par la suite elle a divorcé)
Pour en revenir au jardin, c’était mon terrain de jeux, j’avais une trottinette (revenue à la mode en 2000), je partais du bas, le jardin montait alors c’était dur pour arriver jusqu’en haut, mais quel plaisir quand je redescendais, je faisais de la vitesse…et mes poupées qu’est-ce que j’ai pu les promener dans leur landau, les parties de cache-cache avec Claudine et Michèle,
Les parlottes avec les voisins de notre âge (les enfants PONTHIEUX) d’un jardin à l’autre.
Ce n’était pas la pollution bien que nous étions en ville, ce jardin était rempli de senteurs, d’arbres, de fleurs.
Nous jouions toujours dans le jardin, nous n’avions pas le droit d’aller jouer dans la rue.
A cette époque nous avions des étés chauds, aussi on profitait des belles journées et des soirées et avions des rudes hivers, les ruisseaux gelaient, on glissait dessus et on faisait des bonhommes de neige.
L’ECOLE
(de 1952 à 1964)
A l’âge de six ans je suis rentrée à l’école (la maternelle n’existait pas). J’ai fait comme mes sœurs, je suis allée à la SAINTE FAMILLE, soit Papa nous conduisait le matin, soit nous prenions l’autobus toutes les trois, comme c’était en Centre ville nous étions demi-pensionnaires.
C’était une école libre (privée, catholique) donc nous étions obligées de nous habiller en uniforme, jupe plissée bleu marine, chemisier blanc, chaussettes, manteau, chapeau ou calot toujours bleu marine, pas question de s’habiller autrement sous peine de sanction ou de renvoi, on ne plaisantait pas avec le règlement, nous avions des cours d’instruction civique, de politesse, de catéchisme tous les jours, saluer les Sœurs quand nous passions devant elles et aussi nous devions aller à la messe 2 fois par semaine et faire signer par le curé de la paroisse le dimanche une carte de présence, ce n’était pas de la rigolade…On portait aussi des blouses toujours bleu marine. D’ailleurs durant toute ma scolarité j’ai porté des blouses, c’était obligatoire.
Ma première classe ce fût le cours préparatoire avec comme maîtresse Sœur Marie-Théophane, à la fin de l’année scolaire je savais parfaitement lire, écrire et compter.
Je me plaisais bien dans cet établissement, c’était immense, un beau jardin où il y avait un cerisier, en passant on cueillait les cerises, on se faisait gronder par les Sœurs.
Le problème c’était à midi, pour les repas, je ne voulais pas aller au réfectoire alors je me cachais dans les WC, Claudine venait me chercher, pourquoi je ne sais plus peut-être à cause de la nourriture qui était infecte, c’était tous les jours la même chose, patates bouillies, cidre coupé avec de l’eau, le réfectoire se situait au sous-sol, il n’y avait pas de fenêtres
On se serait crû dans une caverne !
A part cet endroit, j’aimais bien le cloître, quand il ne faisait pas beau, c’était le lieu de récréation, il y avait au fond une grotte représentant la Vierge Marie et aussi la Chapelle j’admirai les vitraux et à Noël les Sœurs dans le fond de la Chapelle faisaient une crèche
Elle était belle !
Il y avait beaucoup de classes, de salles de réunion, on était obligé de marcher dans les classes avec des patins car elles étaient cirées, de l’autre côté du jardin il y avait un lieu appelé Béthanie réservé aux classes de terminales, les petites n’avaient pas le droit d’y aller.
Et aussi tout un étage réservé aux salles de musique. C’est là que j’ai commencé le piano avec Mme ANDRE car Bonne Maman voulait qu’une de ses petites-filles joue d’un instrument, de ce fait elle m’a offert un piano, j’ai commencé à l’âge de 6 ans jusqu’à environ 14 ans.
Je suis restée à la SAINTE FAMILLE jusqu’à la sixième, j’avais 12 ans et après le renvoi de Michèle, nous sommes allées toutes les deux à POIX DE PICARDIE au Collège, là c’était la pension complète quoique nous couchions chez l’habitant, j’y suis restée 2 ans, car je ne travaillais pas bien, je m’ennuyais. C’est à POIX que j’ai fait ma première communion et j’ai pu continuer les leçons de piano avec une vielle Anglaise qui habitait tout près du collège, comme cela je pouvais aller m’aérer, quitter 1 H ou 2 H cette pension qui ne me plaisait pas, mais nous étions un peu les préférés de la Directrice, alors elle ne disait trop rien de mes absences.
Après ces 2 années passées à POIX, je suis entrée au Lycée Janvier rue Jules Barni à AMIENS, là j’étais externe, je rentrais manger à la maison le midi, c’était le bonheur !
J’y suis restée 2 ans et après j’ai fait l’Ecole ROBERT LEDOUX pour apprendre le secrétariat.
Etant à AMIENS, j’ai continué les cours de piano et de solfège, j’allai le jeudi au Conservatoire de Musique rue Desprez ayant comme professeur Mme Kauffman pour le solfège et prenais des cours de piano chez une Madame JOUVENCE, rue Laurendeau, elle était sévère, je crois que c’est elle qui m’a dégoûté de la musique, aussi j’ai arrêté le piano, mais j’ai continué à en jouer pour mon plaisir.
LES VACANCES
WARLOY-BAILLON (80) – SAINT JUST EN CHAUSSEE (60)- SAINT AUBIN RIVIERE (80)
Mes premières vacances dont je me souvienne étaient à FORT MAHON, je devais avoir 3-4 ans, mes parents avaient loué une maison pour le mois d’Août surtout pour moi étant donné ma santé, on pensait que l’air iodé me ferait du bien. Nous avons passé encore un mois de vacances en location à FORT MAHON dans les années 1957-58 et en camping avec la caravane dans les années 1960. Puis les autres vacances avec les parents c’était en caravane à BAGNOLES DE l’ORNE où Maman faisait une cure.
Toujours dans les années 60, papa avait loué un chalet à XONRUPT à côté de GERARDMER dans les VOSGES, ce qui nous a permis de visiter la région (comme quoi, le hasard, ma fille Sophie a habité à Xonrupt pendant 2 ans de 1994 à 1996).
Après, Papa avait loué un étang près d’AUMALE (ELCOURT) car il aimait bien la pêche, y avait installé la caravane, nous nous retrouvions souvent avec les MALOIGNE, HALLOT,
André BOITEL* et aussi les GAMARD. Il avait acheté une barque de pêche, Michèle et moi on allait quelque fois ramer mais pas trop loin du bord, je n’étais pas très rassurée. Nous pêchions aussi mais le poisson se faisait rare !
*(Ils avaient tous des surnoms – Henri MALOIGNE c’était « Riri les ritons » - Jean HALLOT
« Nénesse la presse » (son 2ème prénom étant Ernest et il travaillait dans la presse ‘le Courrier Picard) – André BOITEL, « Dédé les boutons », il tenait une mercerie »Aux Myosotis » rue des Jacobins – et Papa de son prénom André d’où « Dédé les calculs » vu sa profession.)
Mes meilleurs vacances sont celles avec ma grand-mère maternelle appelée Bonne Maman qui nous amenait à WARLOY BAILLON chez ses sœurs au mois de Juillet, j’aimais bien y aller, c’était l’époque des fraises, dans le jardin il y avait beaucoup de parcs de fraisiers, c’était Tante Laurentine qui cultivait le jardin, quel délice ces fraises, et les confitures faites maison que l’on étalait sur des grandes tartines de gros pain (à l’époque appelé pain de 4 livres) on s’en pourléchait les babines, c’était un régal. Avec la tante Blanche on ramassait les œufs dans le poulailler, on donnait à manger aux lapins et je me souviens que dans une étable il y avait un cochon qu’il fallait aussi nourrir. On allait dans les champs avec les Tantes Claire et Laurentine c’était des femmes laborieuses (terriennes), elles devaient travailler dans les champs avec peu de moyens, pas de tracteur, un voisin venait les aider au moment des gros travaux, elles cultivaient aussi des endives, c’était tout un travail il fallait les mettre en couches, le soir on allait avec Claire chercher les vaches dans la pâture qui se situait à proximité des champs. Il y en avait 3 ou 4 on les ramenait à la ferme, en rentrant elles buvaient dans l’abreuvoir qui était à l’entrée de la grand porte avec une pompe à eau à bras et après Claire les trayait. On buvait le lait sortant du pis de la vache, que c’était bon !
Nous couchions dans la maison à côté, ce n’était pas le confort, car il y avait 2 maisons, l’une abritait la cuisine et la salle à manger, il fallait sortir pour aller dans l’autre un peu plus loin on entrait par la salle à manger avec des beaux meubles picards, à droite la chambre qu’occupait Bonne Maman, l’autre côté une chambre où nous couchions toutes les 3 et au fond la chambre des Tantes
Nous étions réveillées par le Chant du coq, aussi nous nous levions rapidement et allions déjeuner.
Notre déjeuner consistait à un grand bol de lait chaud et des grandes tartines beurrées, comme c’était bon !
Il n’y avait pas de salle de bains, on faisait sa toilette dans l’évier, enfin c’était le bon temps. Nous y sommes allées quelques années en vacances, après les tantes ont vieillies et nous, nous avons grandi ! Maintenant quand je me rends à WARLOY c’est au cimetière que je vais me recueillir, là sont enterrées les tantes, ma grand’mère et maman.
Il y a eu aussi des années où nous allions en colonie de vacances à HAM, c’était les religieuses de la Sainte Famille qui nous encadraient. Je n’aimais pas beaucoup ce genre de vacances, on devait toujours obéir sinon on nous punissait, faire la sieste, des jeux stupides, toujours la messe, faire ses prières, il y avait que le spectacle que nous préparions à la fin du séjour qui était agréable, enfin ce n’était pas de joyeuses vacances !
Nous allions aussi passer une semaine de vacances à SAINT JUST EN CHAUSSEE chez Marraine, peut-être pas toutes les années, j’ai peu de souvenirs, la maison était petite avec un jardin, nous jouions avec les enfants d’à côté les DUFOUR qui étaient de notre âge. On allait se promener dans la Colline au bout de la rue, une fois Claudine s’est fait piquer par une guêpe elle était rentrée dans sa bouche, ce fût la panique . Marraine habitait une cité ouvrière, ce n’était pas très gai, toutes les maisons se ressemblaient.
Puis en Septembre au moment de la chasse nous allions à SAINT AUBIN RIVIERE chez mon parrain MR ET MME GAMARD, il était chaisier* de profession et client de Papa.
Que de bons souvenirs. En plus de nous 3, venait passer leurs vacances la Famille POLLART, cousins de Mme GAMARD, il fallait loger tout ce monde.
Les 3 sœurs nous couchions dans une petite chambre derrière le bureau de MR GAMARD, les Parents POLLART et leurs filles Nadine et Cathy dans la maison des GAMARD, Jean-Pierre POLLART et quelquefois Jean-Paul GRAUMER, (neveu de MR. GAMARD il habitait NESLE L’HOPITAL, son père était minotier et ses frères et sœur venaient aussi à SAINT AUBIN – Claude l’aîné, André et Françoise) ils couchaient tous les deux dans la maison de la mère de Mme GAMARD Ernestine LAMOTTE (maison que Papa a loué dans les années 1960 où nous passions les week-ends et vacances).
Donc nous jouions ensemble, plusieurs groupes suivant les âges. Je me souviens de Jean-Pierre POLLART qui tirait avec une carabine à flèches sur nous quand nous étions sur la balançoire, ce n’était pas très rigolo de recevoir ses flèches. Un jour il avait cassé un cache-pot il a prétendu que ce n’était pas lui le fautif mais l’une de nous. Personne ne l’a crû, c’était un menteur, il faisait toujours des coups en douce. Sa sœur Cathy qui était de mon âge était assez fière d’ailleurs elle tenait de sa mère, elle ne voulait jamais prêter ses jouets, alors je lui tournais le dos, j’allais jouer avec les autres.
Je me souviens aussi d’avoir amené ma trottinette, il y en avait déjà une avec une pédale, puis un cyclorameur et aussi une voiture à pédales, c’était la bagarre pour les tours de cour avec ces engins !
Je me souviens qu’une fois avec les GAMARD nous avions été à ROUEN où habitait les POLLART pour y déjeuner, Mr POLLART était je crois policier ou gendarme, ils résidaient dans une caserne, c’était d’un sinistre….
En faite, nous étions une joyeuse bande d’enfants, qu’il fallait nourrir et occuper.
Nous en avons fait des parties de cache-cache dans la grande pâture et au bout le bosquet qui se terminait en un bois débouchant sur la route de Sénarpont, d’ailleurs je crois que des prénoms sont toujours gravés dans les arbres, puis des ballades dans les larries, nous allions aussi à pied à NEUVILLE COPPEUGUEULE retrouver les enfants BRUXELLE (Alain, Claude, Gérard, Annie qui s’est suicidé et Dominique) où leur mère était institutrice. (Les BRUXELLE étaient amis avec les GAMARD).
Je me souviens aussi d’un épisode, c’était un dimanche, les GAMARD étaient partis nous laissant seuls, alors les garçons en ont profité pour aller faire un tour dans la cave, ils en sont ressortis un peu éméchés, ils avaient bu du calva… ce fût une sévère correction le soir ! Ils devaient avoir 13-14 ans
Ils coupaient des branches de lianes, les faisaient sécher et ensuite les fumer, je ne sais pas si c’était bon, et aussi au tabac en bas de la côte ils achetaient des cigarettes « High-Life », toujours en cachette de Mr et Mme GAMARD.
*NB : Des chaisiers se sont établis il y a quelques siècles autour de NEUVILLE COPPEGUEULE, car un grognard nommé TOURNEUR de la garde impériale de Napoléon 1er, originaire de NEUVILLE, revenant d’une bataille dans l’Est de l’Europe (peut-être actuellement la SLOVAQUIE), eut l’idée d’après ce qu’il avait vu dans ce pays, de fabriquer des chaises, en particulier la technique du paillage.
Monsieur GAMARD était très matinal, il se levait à 5 heures du matin, faisait le café et partait dans ses bois et propriétés terriennes, quand il rentrait vers 9 heures, il cassait la croûte avec pâté, café et un coup de calvados et allait travailler.
Nous accompagnions MR GAMARD le matin de bonne heure au ramassage des champignons il connaissait les bons coins, on le suivait dans les larries, il en possédait une partie et avait fabriqué une cabane c’était notre point de rencontre avec les enfants, là nous apportions notre goûter que Mme GAMARD avait préparé c’était des tartines beurrées avec du chocolat en poudre étalé sur le pain. Un peu plus haut sur ANDAINVILLE, il y avait une autre cabane que l’on appelait « ches besquetoiles ».Mr GAMARD posait des pièges car il était chasseur et un peu braconnier, parfois il attrapait des fouines, des belettes, des lapins, renards et autres. Nous allions aussi nous promener jusqu’au mont d’Arguel cela faisait un bout de chemin, nous passions par les larries c’était plus court et on revenait par LE QUESNE.
Il y a eu aussi la période de chasse aux corbeaux, c’était au printemps dans un bois situé à HORNOY, on était nombreux à cette chasse, pour s’occuper avec Maman on ramassait des gros escargots qu’il fallait manger après les avoir laissé dégurgiter 24 heures, quelle horreur ! et on cueillait aussi des fleurs des bois, nous étions au mois de Mai, il y avait beaucoup de jacinthes elles sentaient bon. Je pense que Mr GAMARD faisait du pâté avec les corbeaux !!! D’ailleurs il fallait mieux de ne pas savoir avec quelle viande il faisait ses pâtés.
(Un jour il avait fait des rillettes, nous avons été tous malades, elles ne devaient pas être très fraîches).
Les GAMARD étaient des gens qui affectionnaient les enfants, ils n’en n’ont pas eu, ils nous considéraient comme les leurs (à chaque Noël ils m’offraient toujours un beau livre et un gros sucre d’orge) Je me souviens d’une tablée d’une trentaine de personnes adultes à table plus les enfants où nous mangions dans la cuisine, c’était de la cuisine simple faite maison, avec la fameuse terrine de pâté, légumes du potager, volailles de la basse-cour, tartes ou fraises quand c’était la saison, le tout accompagné de cidre dans des carafons en verre, du cidre bouché et calva pour faire passer toutes ces bonnes choses.
Quand nous passions les vacances chez eux, nous avions chacune un rond de serviette et le soir avant d’aller nous coucher Mme GAMARD nous disait « couche-couche, dodo, ronron, panier ».
On pouvait arriver à n’importe quelle heure, on était toujours bien reçu et il ne fallait pas refuser leur hospitalité, aussitôt Mme GAMARD sortait les assiettes, alors c’était le pâté fait par Mr GAMARD, les tartes, les fraises accompagnées de cidre maison, café et la goutte (calvados fait maison et aussi le pastis).
Leur devise était – les amis de nos amis sont nos amis –
Par la suite comme Papa faisait sa tournée de clientèle le jeudi dans la région, il nous déposait à BEAUCAMPS LE VIEUX et avec Maman nous allons à pied à SAINT AUBIN.
Papa venait nous rechercher en fin de journée, mais il fallait souper avec eux.
On allait aussi une fois l’An manger chez les DEHAN qui habitaient en bas de SAINT AUBIN, c’était des clients de Papa, le père vendait et réparait des machines agricoles.
C’était des repas copieux qui n’en finissaient pas, heureusement qu’il y avait des enfants de notre âge, on quittait la table pour aller jouer dehors mais que c’était sale.
J’allais aussi avec Mme GAMARD ramasser les œufs, elle me donnait les plus gros pour les faire à la coque. On allait chercher du lait à la ferme à côté chez Mr et MME BLED, celle-ci était parenté avec Mme GAMARD ce devait être sa cousine. Ils avaient 3 filles (Yvette, Marie-Louise et Colette). Colette était pensionnaire à la SAINTE FAMILLE et quand les dimanches nous étions à SAINT AUBIN nous la ramenions à AMIENS, elle couchait à la maison. Elle entra dans les ordres et fut sœur missionnaire au MALI pendant des années.
J’aimais bien aller dans l’atelier de MR. GAMARD, il était chaisier, çà sentait bon le bois, la cire, et il y avait des piles de chaises entreposées dans le hangar, parfois on l’accompagnait avec un vieux camion plateau jusqu’à la gare de SENARPONT de là il expédiait les chaises jusqu’en Bretagne c’est là que se situait sa clientèle.
Dans les années 1960 Papa a loué la maison de la maman de Mme GAMARD, nous y passions les fins de semaine et les vacances, Jean HALLOT à cette époque avait loué une maison à ANDAINVILLE et acheté un terrain c’est sur ce terrain que par la suite il a fait construire, c’était des repas entre les deux familles.
Monsieur GAMARD fut élu Maire de SAINT AUBIN à cette période (vers 1960) aussi ce fût sa fierté d’avoir marié 3 filles de la même famille. D’abord Claudine et Jacques en Avril 1964, Armelle et Paul en 1967 ou 68 (je n’en suis pas sûre) et sa filleule c’est-à-dire MOI et Jocelyn le 27 Juin 1970.
Mon beau-père Laurent NOURTIER natif du MAZIS situé à côté de SAINT AUBIN a été enfant de cœur lors du mariage de Mr et Mme GAMARD qui a dû avoir lieu en 1919.
Il fût mobilisé pendant la guerre de 1914-1918, il était infirmier, il n’aimait pas parler de cet épisode, aussi dans le village les gens avaient recours à lui pour qu’il vienne leur prodiguer quelques soins, d’ailleurs quand nous habitions la maison de sa belle-mère, étant tombé de vélo je me suis ouvert le genou, il venait tous les jours me faire des piqûres avec une grosse seringue datant de la guerre, ouille cela ne faisait pas du bien ! Comme il disait, il avait piqué toutes les fesses des femmes du village.
Ils ont vécu simplement, je garderai d’eux un souvenir inoubliable.
Mr GAMARD est décédé à l’âge de 98 ans en 1990.
Mme GAMARD est décédée à l’âge de 99 ans en 1999.
Quelques commentaires sur Daniel GAMARD et Georgette GAMARD et leur habitat.
La maison n’était pas très grande, on entrait directement dans la salle à manger et on n’avait pas assez de nos yeux pour admirer la collection d’assiettes anciennes accrochées aux murs
De nombreux bibelots de valeur sur les buffets anciens, des trophées de chasse et évidemment les chaises paillées faites par Mr GAMARD et surtout la belle horloge datant de l’époque Bonaparte avec le bonnet phrygien gravé sur la porte, cette horloge était en état de marche, elle sonnait toutes les demi-heures il n’y avait que Mr GAMARD qui avait le droit de la remonter, d’ailleurs dans la maison de sa belle-mère que nous avions occupé il y avait une horloge comtoise, il venait tous les matins la remonter.
A la suite de la salle à manger, était la cuisine avec de nombreux cuivres, sur les côtés les chambres, peu de confort, mais ils s’en contentaient, les WC étaient dans le jardin. J’aimais bien ce jardin, dans le fond il y avait les clapets, j’allais donner à manger aux lapins,(je me souviens que Mme GAMARD avec les peaux de lapin confectionnait des sabots en bois et dessus elle les recouvraient de fourrure de lapin), puis on passait par une porte en bois, c’était le poulailler, j’allais ramasser les œufs , et comme cet endroit c’était le hangar pour les chaises il y avait des bottes de paille de différentes couleurs (je crois que c’était du seigle) cette paille servait à empailler les chaises, Mr GAMARD portait les chaises chez des « pailleuses », celles-ci faisaient ce travail à domicile.
En sortant du hangar, c’était le bureau de Mr GAMARD alors là il fallait montrer patte blanche pour y entrer, c’était un musée, il y avait de très beaux objets anciens. Qu’est devenu tout cela après leurs décès, je ne sais pas. Derrière le bureau, c’était la chambre où nous couchions étant petites.
L’extérieur de la maison était toujours bien fleuri, il y avait un jardinet sur le côté de la grille d’entrée, aux fenêtres l’été des géraniums, derrière le jardin tout fleuri, il y avait aussi un autre jardin derrière le hangar où poussaient de nombreux légumes. C’était Mme GAMARD qui s’occupait des jardins, elle avait beaucoup de travail, plus la cuisine, il y avait toujours une cocotte en fonte qui mijotait sur la cuisinière à bois et toujours prête à accueillir des invités.
Je n’oublie pas Roger TOURNEUR qui était l’aide de Mr GAMARD, il faisait beaucoup de travail : les chaises, bêcher les jardins, fendre le bois, tailler les haies et bien d’autres choses, il n’était pas très causant mais toujours prêt à rendre service. A la fin de sa vie, Mr et Mme GAMARD l’ont pris en charge, il était devenu aveugle.
Que de bons souvenirs que j’ai gardés de Mr et Mme GAMARD.
Pour nos vingt ans, Claudine, Michèle et moi avons reçu de Mr GAMARD un Louis d’or d’époque Louis XVIII, par la suite il m’a donné quelques napoléons en or que je conserve précieusement. Mr GAMARD à la fin de sa vie est entré dans un hospice, il avait beaucoup de problèmes de santé, il est décédé dans cet hospice. Après le décès de son époux, Mme GAMARD s’est retrouvée seule dans sa maison. J’allais la voir de temps en temps, mais cela me faisait mal au cœur de la voir vieillir toute seule, elle était devenue presque aveugle, les jardins étaient en friche, c’est une petite cousine Geneviève BAZIN habitant Sénarpont qui l’a prise en charge jusqu’à son décès.
Que dire d’autre de mes vacances, ce furent de merveilleux moments il m’en reste de très bons souvenirs.
MES PARENTS
(André et Marcelle CAUDRON née LORIER)
1909-1965 - 1911-1985
Mes parents se sont mariés le 14 Février 1930. Ils étaient tous deux enfants uniques.
Maman ne travaillait pas ayant à charge 5 enfants, c’était du travail. Elle avait reçu la médaille de famille nombreuse. Après la naissance de Michèle elle a eu des problèmes de santé, santé qui ne s’est pas améliorée les années suivantes,opération avec complications, cures à BAGNOLE, problèmes cardiaques, soucis avec son mari, ses filles, et a dû accepter la mort de sa fille préférée Claudine. Après le décès de Claudine elle est restée encore quelques années à Cagny, par la suite ne pouvant plus rester seule elle a pris la décision d’aller en maison de retraite à CORBIE.
Maman était assez forte, mais avait beaucoup de goût pour s’habiller. Elle aimait bien cuisiner aussi nous faisait-elle de bons plats, quand elle recevait elle passait une journée entière à préparer le repas.
Elle nous a aimé, peut-être y-a-t-il eu des préférences, nous étions 5 filles toutes différentes !
A la fin de sa vie, Michèle et moi, nous nous sommes occupées d’elle ne pouvant plus rester seule, Monique et Armelle étant éloignées d’Amiens ne s’en souciaient pas beaucoup.
Elle est décédée à CORBIE le 5 AOUT 1985 à l’âge de 74 ans ne s’étant pas remise d’une opération chirurgicale ayant le cœur très malade.
C’était ma maman, elle n’a pas eu une vie facile mais a su faire face avec courage à beaucoup de problèmes.
Papa a commencé à travailler au CREDIT LYONNAIS et dans années 1940 s’est installé à son compte Comptable Agréé. Il a dû se faire une clientèle. Est-ce qu’il gagnait bien sa vie, je ne sais pas au juste, il y a eu des hauts et des bas comme dans tous les ménages. On n’a jamais manqué de rien.
Après l’histoire d’Armelle, il a commençait à boire, les années passant on ne le voyait plus souvent à la maison, c’était alors des disputes avec Maman, il a abrégé sa vie vu la vie qu’il menait, il est mort à 54 ans le 2 MARS 1965 à la suite d’une pneumonie et début d’un cancer.
Ses loisirs étaient le bricolage, la pêche, un peu la chasse et aussi la photographie, il était photographe amateur, il a pris beaucoup de clichés hélas quand on a déménagé la maison de CAGNY on n’a pas gardé les albums photos. Je le regrette maintenant ayant une fille qui est passionnée de photographie, cela l’aurait intéressé. Il a exposé quelques photos au MUSEE DE PICARDIE D’AMIENS ainsi que Jean HALLOT qui lui aussi était un passionné, je crois qu’il y avait un club, appelé » club de projectionnistes Picards » dont le siège était au Musée d’AMIENS.
Il s’occupait d’associations – étant mutilé de guerre (il avait un œil mort, des doigts coupés suite aux éclats d’obus reçus pendant la guerre de 1914) donc il adhérait aux Mutilés de guerre dont il était trésorier. Puis étant professeur de comptabilité à la « Sauce » (Société Industrielle) il avait créé une Association d’anciens élèves, il organisait soit des sorties, soit des voyages, des parties de pêche et autres.
Puis ce fût l’association des Gars du Nord et du Pas de Calais, étant natif de LANDRECIES dans le département du NORD, je pense qu’il était trésorier, il y a eu plusieurs sorties dont j’ai souvenance.
Chaque 11 novembre Michèle et moi étions de corvée pour vendre des bleuets (pour les Mutilés de guerre) dans le centre ville d’Amiens (rue des 3 Cailloux, rue de Noyon, place de l’Hôtel de Ville etc.)
Il a reçu en tant que professeur de comptabilité pendant des années, une distinction c’était les Palmes Académiques.
Ce sont les souvenirs que j’ai de mon père, il n’était pas très affectueux, souvent absent, mais il nous a bien élevées.
MES GRANDS PARENTS
Grands parents paternels
(Ernest - 1883/1957 et Louise CAUDRON née THOUROLLE -1888/1971)
Peu de choses à raconter concernant mes grands-parents paternels.
Ils habitaient une petite maison dans le quartier Saint Acheul, rue de Mons à AMIENS.
Les jeudis nous allions de la rue St Honoré jusqu’à leur maison à pied en passant par les boulevards extérieurs, il y avait tout le long des maisons pré-fabriqués construites après la guerre pour reloger les gens, c’était sale…Cela faisait un bout de chemin, il ne fallait pas traîner. Enfin arrivées, nous restions peu de temps car on s’ennuyait ! C’était toujours le même refrain, ne pas mettre les pieds sur les barreaux de chaise, ne pas bouger, manger toujours un gâteau. Quand Maman venait avec nous c’était la ritournelle question « combien payez-vous les œufs ? On riait en douce.
Nous sommes allées une seule fois en vacances chez eux, les parents étaient partis une semaine en Bretagne, quel ennui ! Une fois par an ils nous invitaient à manger, le jour des Rameaux, toujours le même menu entre autres des épinards, il fallait aimer.
J’ai toujours vu ma grand-mère habillée en noir ou gris, cheveux blancs tirés en chignon, je sais qu’ils n’étaient pas très riches, d’ailleurs je n’ai jamais eu de Noël par eux, une pièce le jour de l’An. Par contre ma grand-mère était une femme habille de ses mains, elle brodait des nappes, des serviettes, des draps, des couvre-lits (elle m’a offert un couvre-lit fait par elle pour mon mariage) et tricotait beaucoup, c’était du beau travail.
Elle se levait à 5 heures du matin pour faire son ménage ! C’était une petite maison ce travail ne devait pas lui prendre tout son temps. « Ce n’est quand même pas mon cas de me lever aux aurores, malgré que l’on me dît que je suis une maniaque du chiffon»
Elle venait aider Maman au reprisage même quand nous habitions Bd d’Alsace Lorraine.
A la fin de sa vie, Armelle s’est occupé d’elle, toute seule chez elle, elle n’avait plus de goût à rien ayant perdu son seul fils en 1965.
Mon grand-père est décédé le 27 Janvier 1957 et ma grand-mère le 2 Février 1971.
Grand-mère maternelle (Juliette LORIER née DELANNOY – 1891/1967)
Quand j’étais petite, ma grand-mère appelée « bonne Maman » et aussi ma marraine habitait rue de l’Amiral Courbet, c’était un immeuble vétuste mais situé en plein centre ville. Elle a été veuve à l’âge de 28 ans, son mari étant mort de la tuberculose en 1919.
Elle s’est beaucoup occupée de nous, surtout de notre éducation malgré qu’ayant dépassé la soixantaine elle a continué un peu à travailler n’ayant pas beaucoup de retraite.
Quand nous sortions de l’école de la Sainte Famille située rue Charles de Foucault assez près de chez elle nous y restions quelquefois le soir pour attendre l’arrivée de Papa qui venait nous chercher pour nous reconduire à la maison après ses cours de comptabilité qu’il donnait rue Lamartine, rue tout près de la rue Amiral Courbet. Alors en attendant son arrivée elle nous faisait travailler, soit la lecture surtout le livre « le tour de France par deux enfants », (qu’est-ce qu’on a pu le lire !) les dictées, le calcul.
Le dimanche et les jours de fête religieuse, il fallait l’accompagner aux Offices, elle était très croyante.
Quand elle venait à la maison il fallait que je lui joue les morceaux de musique au piano que j’avais appris étant donné qu’elle tenait absolument qu’une de ses petites-filles entre au Conservatoire en espérant peut-être que l’une de nous deviendrait célèbre, cela n’a pas été le cas ! j’ai quand même obtenu des diplômes de piano suite à des concours que j’ai passé à LILLE. (Michèle aussi a pris des cours de piano)
Le jour de Noël Bonne Maman nous invitait chez elle, nous gâtait suivant ses moyens financiers, je me souviens qu’un Noël elle m’a offert une poupée, je l’ai appelée Christine, je l’aimais bien cette poupée je l’ai gardée longtemps. Tante Marie était parmi nous ce jour là, elle nous offrait des crottes en chocolat.
J’aimais bien Bonne Maman, elle était assez sévère, il fallait lui obéir, et surtout j’attendais les vacances avec impatience car elle nous emmenait à WARLOY, par la suite elle m’a emmenait plusieurs fois avec elle faire des excursions en autocar, elle faisait partie d’un groupe de personnes du 3ème âge. Elle a fait aussi plusieurs voyages organisés à l’étranger d’où elle me ramenait des petites poupées habillées en costume du pays.
Le jour de ma première communion c’est elle qui s’est occupée des préparatifs, papa ayant réservé une chambre à l’Hôtel « LE CARDINAL » à POIX, elle m’a habillé en communiante,
C’est là aussi qu’a eut lieu le repas de ma communion.
Bonne Maman était toujours bien habillée, bien coiffée, elle se faisait faire des ensembles avec chapeau assorti pour les grandes circonstances (communion, mariage).
En 1957 ou 58 elle a été expropriée de la rue Amiral Courbet, elle a acheté un appartement rue Lamarck, cet appartement était assez grand situé au 1er étage, de belles pièces avec un « bow window » ou Loggia, elle a habitait cet appartement jusqu’à son décès. Habitant bd d’alsace Lorraine qui n’était pas très loin nous allions la voir tous les jours.
Elle est décédée dans son fauteuil d’une crise cardiaque étant malade du cœur en mars 1967 à l’âge de 75 ans.
Je ne l’ai jamais oubliée.
Bonne Maman a aussi écrit ses souvenirs d’enfance, d’où cette idée que j’ai reprise pour écrire ces quelques lignes me permettant de me remémorer ces quelques souvenirs de mon enfance.
FAIT A VAUX EN AMIENOIS, LE 30 JANVIER 2006.
Marie-Dominique NOURTIER née CAUDRON
PS je voudrais lors de mes funérailles la musique suivante :
-
pour l’entrée : LE
REQUIEM EN RE MINEUR DE MOZART
![]()
-
pour la bénédiction du
corps : l’ADAGIO d’ALBINONI
![]()
-
pour la sortie : SOIT
l’AVE MARIA DE GOUNOD
ou un Morceau de piano joué par moi enregistré sur une
cassette
![]()
Quelques photos
Rue Saint Honoré, maintenant rue Jean Moulin
la maison de ma Grand mère maternelle
la maison de ma Grand mère paternelle 29 rue de Mons à Amiens

Warloy Baillon
Mes établissements scolaires
la Sainte Famille
Collége à Poix de Picardie
le Lycée Janvier